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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Discussion à la bibliothèque   Lun 1 Sep - 22:02

00h30


Trois heures après qu'on ait pu l’apercevoir descendant d'un pas morne vers la salle de tir, Wallace en remonta. Avec un beau bleu à l'épaule, en sueur, mais content. Le fusil de précision retrouva sa place dans l'armurerie, et le mutant se dirigea quant à lui vers une douche. Une douche. Il en rêvait. Deux mois dans le monde astral, trois heures d'entraînement, et pas une seule douche ! Il allait enfin pouvoir se sentir propre. Vraiment propre, d'autant qu'il n'avait pas pris le temps de changer ses vêtements à son retour de conflit avec Guerre. On baverait d'avance à moins.

Il retira ses affaires, et prit ensuite place dans la douche. L'eau chaude le submergea, et il perdit la notion du temps. Il était épuisé, la plupart de ses muscles (dont, pour certains, il ignorait jusqu'à l'existence) l'élançaient, et toute envie de bouger de plus d'un centimètre l'avait quitté définitivement.
Après ce qui aurait très bien pu passer pour des éons, Wallace coupa l'eau et sortit sans s'être savonné. L'image dans le miroir lui renvoyait un visage bouffi de fatigue, quelqu'un qui avait besoin de dormir de toute urgence. Dormir. Ça aussi, il avait quasiment oublié. On ne dormait pas dans le monde des esprits. Mais avant tout, il devait changer quelque chose. Ça pouvait sembler ridicule, mais la question lui tenait à cœur.
Il attrapa la tondeuse électrique à côté du lavabo.

Bon, ça fait la blague, marmotta Mindfuck-Wallace, actuellement une vague silhouette à sa droite. On peut aller dormir, maintenant ? Tu te souviens ce qu'on t'avais dit, sur le sommeil ?
Je me souviens, je me souviens. Mais j'ai encore deux petites choses à faire.

Oh non mais merde, tu fais chier... Écureuil ! hurla-t-il soudain en se tournant vers la douche, le regard fixé sur du vide.

Wallace jeta un œil à son autre double, celui sur sa gauche.
Bon, alors ? Vert ou violet ?
L'autre eut un mouvement d'épaule désintéressé. Les garçons ou les filles ?
Le mutant se mit à sourire. Why not both, c'est ça ? Allez, c'est vendu.

Ses cheveux étaient maintenant sensiblement plus courts, mis à part sur le milieu du crâne, et violets pour la plupart. Une seule petite mèche verte dépassait des autres, presque pour indiquer le ratio de ses préférences.

"Bon", ajouta-t-il en s'étirant, "il est où, maintenant, mon vert ?"

À la bibliothèque, sans doute. Nathan était toujours à la bibliothèque.

L'imposante porte de bois gravée de runes lui sembla, pour un instant, infranchissable. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ? Qu'il voulait être avec lui plus souvent ? Que, s'il voulait, ils pouvaient mettre tout ça de côté le temps de régler toute cette merde ? Qu'il voulait savoir si son éloignement actuel indiquait qu'il pensait avoir fait une connerie, ou simplement parce qu'il y avait le putain de monde dans la balance et que son temps était limité ?

Oh, ta gueule. Fais quelque chose, on s'entend plus là-dedans. Le Néga-Wallace lui posa la main sur le bois de la porte, et le força à toquer.


Dernière édition par Wallace Plumtree le Lun 1 Sep - 22:59, édité 2 fois
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Lun 1 Sep - 22:04

Nathan essayait de se concentrer sur le texte qu'il avait sous les yeux. Pour la quatrième fois de suite, il avait relu en boucle le même paragraphe, griffonné peu clairement par ses soins sur une feuille.

En ce lieu où se rendent ceux qui ont subi sur leur personne le Sort de Disparition, sévissent les Dykkors, qui y furent bannis en de temps anciens. Grotesques parmi les Démons, et à l'allégeance facile, ils errent en ce Royaume Inconnu, dépourvus de but.

Son regard glissa sur les mots encore un fois, lisant sans rien retenir. Ses yeux le piquaient. Il se passa les mains sur le visage, se massant les paupières, et soupira. Que venait-il d'apprendre sur les Dykkors en cinq pages de texte? Qu'ils étaient moches, coincés dans une dimension où il ne mettrait sans doute jamais les pieds -pour ainsi dire- et que la traduction Ænglisc du texte en Assyrien Antique était dégueulasse. Et que sa propre laborieuse transcription en anglais moderne n'était probablement pas à la hauteur de l'original. Et encore que, dans l'état actuel des choses, plancher sur Les Non-Natifs du Royaume Inconnu était probablement l'occupation la plus inutile à laquelle il pouvait penser, à part peut-être apprendre à imiter le serin de Mozambique ou tester la recette de cupcakes aux morilles du Mexique de mamie Clea. Pourtant Legio Diabolicas et Infernalii Potestas, l'immense bouquin agréé d'ajouts manuscrits dont certains dataient de bien avant la naissance du vieux JC, regorgeait d'informations utiles sur Mephisto et ses alliés, il en était certain. Il fallait juste les trouver au milieu de plus d'un millénaire de pamphlets et autres anecdotes à contenu démoniaque venant des quatre coins de la planète -voire, à la tête de certains alphabets, de plus loin encore. Il soupira à nouveau et se reposa lourdement sur le dossier de sa chaise.

Au moins, les voix de Coulson et de son équipe, et le boucan qu'ils faisaient en s'installant, ne parvenaient pas à la bibliothèque. En fait, aucun bruit indésiré ne parvenait jamais jusqu'à la bibliothèque. Le silence était total, tellement qu'il avait parfois l'impression d'entendre craquer le cuir des reliures dans l'air immobile et poussiéreux. Nathan soupçonnait son maître, ou son père avant lui, d'y être pour quelque chose. S'il avait le temps, il chercherait volontiers le sort de silence sélectif qui était sans doute gravé quelque part dans la pièce. Mais il n'avait pas le temps. Comme d'habitude.
Une fois les problèmes de leur nouvelle et inattendue colocation avec ce qui restait du S.H.I.E.L.D. a peu près résolus -en tous cas, ceux qui se posaient dans l'instant- il avait foncé à la bibliothèque et empilé sur la table une Babel de livres. Sur cette même table, les dossiers ouverts que Peter lui avait donné sur Striker et Armatech traînaient toujours depuis sa dernière séance d'étude, ainsi que quelques feuillets transcrits du Livre de Vishantis. Il s'était plongé dans les textes de démonologie comme s'il n'avait pas l'intention d'en ressortir un jour. C'était peut être le cas. De puis combien de temps était-il là? Il regarda sa montre: depuis trois heures au moins. Ses vêtements étaient encore humides.

Il n'avait pas enlevé sa veste gorgée de pluie de Tokyo. Il voulait garder sur lui l'odeur familière du goudron mouillé et, plus subtile, celle des aiguilles et de l'écorce détrempés des pins japonais qui se dressaient partout dans le quartier de son enfance. Il serra les dents, essayant d'avaler la boule qui s'était formée dans sa gorge.
Au moins, sa mère était en sécurité. Pour l'instant.

Quand cet enfoiré de Guerre avait appuyé sur le bouton d'envoi de son tweet, Nathan avait bien cru qu'il allait vomir, là, sur place, dans son casque. Un instant, il avait vu une foule d'hommes habillés en noir se déversant dans les rues de son quartier, le doigt glissé sur la gâchette de leur semi-automatique. Il avait vu American Spirit défoncer la porte de sa maison, monter les escaliers vers la chambre de sa mère, tourner la poignée. Il avait vu ce qu'il se serait passé ensuite, aussi, mais ça n'avait duré qu'une seconde, car tout de suite après...
Il serra les paupières, fort. Non. Il ne fallait pas y penser. Il ne fallait pas penser au feu, à la chaleur, à l'asphaltequiboutàlavilleauxenfants...
Il prit sa tête dans ses mains, enfouit son visage dans le creux de ses paumes, la mâchoire crispée dans l'effort d'étouffer le gémissement qui montait de sa gorge.
Voilà pourquoi il s'était jeté dans les livres sans méthode, sans plan, et sans réfléchir au temps qu'il y passerait. Parce que dés qu'il fermait les yeux, c'était Snyder qu'il voyait, Snyder qui brûlait avec ses habitants, l'asphalte qui fondait sous les pieds des gens, le souffle ardent qui dévorait les tissus, les fantômes, tellement de fantômes, qui n'avaient même pas encore eu le temps de comprendre qu'ils étaient morts. Alors oui, plutôt que ça, il aurait préféré crever cinquante fois de faim sur le livre ouvert sans jamais sortir de cette bibliothèque, et sans jamais croiser à nouveau le regard de ses amis qu'il avait abandonnés dans les décombres fumants tandis qu'il se précipitait au Japon.

S'essuyant les yeux du revers de sa manche, il reprit rageusement le feuillet sur les Dykkors et le plaça devant lui. Il allait se pencher dessus et reprendre sa lecture quand il entendit plusieurs coups frappés à la porte. Ça le fit sursauter. Il se passa encore les mains sur le visage et se retourna.

"Oui?" demanda-t-il, et il eut honte du son rauque de sa voix.


Dernière édition par Nathan Clair le Mar 2 Sep - 9:53, édité 1 fois
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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Lun 1 Sep - 23:21

La voix derrière la porte le fit presque sursauter. Merde, qu'est-ce qui avait bien pu arriver à Nat' pour qu'il se retrouve avec des cordes vocales dans un état pareil ? Et puis Wallace songea à la pluie, à cause de laquelle il l'avait vu rentrer trempé ; il songea à son visage, il y avait deux mois et pourtant quelques heures, à son expression avant qu'il ne disparaisse pour aller retrouver sa mère. Forcément. En poussant la porte, il espérait trouver une expression différente. Il se trompait. Même de loin, à l'autre bout d'une vaste table de bois, les traits de Nathan semblaient usés, creusés, tirés à la manière d'un vieillard, dans une bibliothèque qui sentait principalement le chêne et le sapin.

C'était la première fois qu'il entrait dans la bibliothèque avec autre chose en tête que simplement "discuter avec Nathan". La dernière fois, il lui exprimé une bonne partie de ce qu'il ressentait, mais cette fois l'ambiance n'était pas vraiment à l'amour adolescent. Cette fois, peut-être à cause de son séjour dans le monde spirituel, peut-être à cause de l'atmosphère tendue dans laquelle il replongeait à présent, il ressentait finalement la présence du lieu. Un lieu assez récent, mais rempli de choses plus vieilles que presque tout ce qu'il connaissait. Un lieu de savoir, d'étude, de silence.
Silence qui, présentement, gonflait l'endroit et le mettait plus mal à l'aise qu'il ne s'y serait attendu.
À petits pas, presque timides, il s'approcha du banc sur lequel était assis Nathan, et il se demandait, au fond, si venir lui parler maintenant était bien une idée convenable. Ou même une idée tout court.

Tu étais venu pour lui parler, parles-lui.
Facile à dire, tu n'es pas celui qui va devoir articuler les mots pour qu'ils sonnent justes !
Je pourrais.
Hors de question. JE suis venu parler, je parle. Simplement...
Quoi ?
Je suis plus trop sûr de ce que je dois lui dire.
Dis-lui que tu aimes les pastèques. Ça passe toujours bien. Ou la masse nucléaire de l'uranium.
Oh p... Bon, vos gueules, je me concentre.


En même temps qu'il progressait, le poids du silence et de la salle sur les épaules, Wallace réfléchissait. Il pensait à la manière d'un mécano devant une locomotive hors de contrôle, et qui a dix secondes pour renverser la vapeur au prix d'une illumination soudaine. Elle ne vint pas. Les phrases se succédaient dans son cerveau, toutes plus mauvaises et semi-incohérentes les unes que les autres. Il était venu jusqu'ici, après ce qui avait été pour lui une longue séance d'entraînement et de discussions avec le mentor de la personne qu'il aimait le plus actuellement, pour discuter avec cette personne de la relation qu'ils entretenaient. Après deux mois de discussion, de pleurs roulé en boule au fond d'un dojo spirituel, de champignons fantômes qui lui donnaient accès à la vision d'un monde insoupçonné et de maîtrise d'un réel irréel, il avait pu mettre de côté l'horreur de ce qu'il avait vécu dans la journée. Il s'était contenté de la pousser un peu plus loin dans son oubli personnel, tout comme il s'efforçait en permanence d'enterrer la vision de sa sœur désarticulée par l'Ultimatum Wave. Wallace était bon pour oublier. Oublier de faire les courses, oublier de nourrir le chat, de faire ses devoirs, de se brosser les dents, oublier sa mère, oublier sa seconde mère et la vie qu'il aurait pu vivre sans le débarquement façon Normandie des sbires d'Armatech.
Nathan ne pouvait pas oublier. Pas après aussi peut de temps.

"Nat'..." commença-t-il avec un sourire maladroit, qui se voulait réconfortant.

Quelques choix traversèrent encore son esprit. Et puis il se décida, aussi simplement que la décision était simple à prendre pour son esprit de Shaddock. Il ne lui parlerait pas de ce qu'il avait prévu, parce que ce n'était ni le moment, ni la chose à faire, ni ce dont Nathan avait besoin. Lui, Wallace, mutant modificateur universel, avait sans doute besoin de savoir où ils en étaient. Mais pas la personne devant lui, avec ses cernes et ses traits tirés.
Très calmement, le jeune homme coiffé comme un cactus famélique s'assit à côté du constructeur de  Babel de papier. Et mit une main sur la table, à portée de la sienne.

"Comment tu te sens ?"
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 2 Sep - 1:06

C'était Wallace.
Quelque chose dans les tripes de Nathan fit un saut bizarre. Un truc chaud et réconfortant naquit dans ses entrailles, irradiant doucement vers sa poitrine, et il accueillit avec reconnaissance la faible détente que la sensation lui offrait. En même temps, un picotement froid surgissait dans son crane, et il sentit ses paumes devenir moites.
Ça lui arrivait souvent quand le mutant entrait dans une pièce, et quand il entendait sa voix. Ah, et aussi, quand il sentait son odeur, ou même tout juste sa présence. Bon d'accord, des fois ça le faisait même quand il ne faisait que penser à lui.
Eh oui car, comme c'était cocasse, il avait oublié: il y avait ça aussi, parmi les trucs auxquels il essayait de ne pas penser. Sa bizarre relation ambiguë avec Wallace, et ces embarrassants moments de gène et de silence qui s'étaient empilés entre eux comme des briques formant un mur depuis cette soirée dans la serre. Il savait son esprit épuisé incapable de gérer cette situation, encore moins de la résoudre. Alors il se taisait, et endurait le malaise. Mais il ne pouvait pas arrêter les images de cette soirée où ils s'étaient... Et de le voir là, alors qu'il allait si mal, il ne savait pas ce qu'il ressentait. Ou mieux, il avait du mal à faire la différence entre la gratitude, la honte, le reproche, l’inquiétude, la colère et...
Ce fut là qu'il le vit. Ses yeux s'ouvrirent grand et il sentit sa bouche faire de même sous l'effet de la surprise. Comment avait-il pu ne pas voir QUE ça dés l'instant où Wallace était entré? D'accord, il avait peut-être regardé en premier la façon dont sont t-shirt tombait sur ses épaules rondes -il avait pris du muscle?-, et comment il était légèrement relevé sur sa hanche, découvrant une fine tranche de peau blanche. Et après il était pas mal resté sur son visage, sur ses yeux bruns qu'il pouvait entrevoir derrière des cils noirs papillonnants de gène. Mais quand même...
Sa pensée avait calé en pente et il n'arrivait pas à la redémarrer. Hypnotisé, il fut incapable d'émettre un mot tandis que le mutant se rapprochait lentement de lui. Il se rendit compte qu'il devait faire une tête particulièrement stupide, mais Wallace ne semblait pas s'en apercevoir. Il s'assit sur le banc à ses cotés, et le bruissement de l'air amena à Nathan une odeur de shampoing et de peau propre. Il le vit frotter ses paumes contre ses jambes, l'air gêné, mais à vrai dire, il ne faisait pas vraiment attention à sa gestuelle, occupé comme il l'était à fixer le truc.

"Nat'..." dit enfin Wallace "Comment tu te sens?"

Il l'entendit à peine. Il avait du mal à réfléchir. Après ce qui lui parut être une bonne minute, il articula:

"Je... Je ne sais pas. Enfin, je veux dire... Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux?"
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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 2 Sep - 12:33

Wallace s'était attendu à beaucoup de réponses. De "mal" à "sous LSD", en passant par "comme une vieille éponge". Mais pas à ça. La remarque le prit par surprise, contournant ses défenses par le flanc nord, et de l'affrontement qui en résultat, beaucoup de l'assurance et du sérieux qu'il avait réussi à rassembler resta sur le carreau. Le mutant afficha une tête incertaine, toucha le haut des cheveux violets avec une mèche de vert et énonça sa réponse d'une voix tout aussi incertaine.

"Je les ai... coupés ? J'ai fait une teinture aussi. J'avais envie. Pourquoi ? C'est... ça me va pas du tout ? Si c'est vraiment pas dutoutdutout ça, je peux les recouper, ou faire un reboot de la coiffure, ou..."

Wallace hésita sérieusement à dire que ses doubles l'avait forcé. Que c'était une de leurs idées à la con. Qu'il n'y était pour rien, non mon bon monsieur, que de toute façon il ne l'aimait pas non plus, cette coiffure, et que ressembler à un Iroquois ayant consommé trop de peyotl ne l'enchantait guère, mais ce serait mentir. Il l'aimait bien, cette coupe.

Moi, je l'aime pas trop, cette coupe. On donne l'impression qu'on est punk.
On a quelque chose contre les punks ?
Non. Mais j'aime pas les perroquets, et on fait très espèce équatoriale, là.
Je croyais vous avoir dit de la fermer ?
On est vraiment pas polis, depuis qu'on est gay.
Bisexuel. Maintenant, chut.

Les voix se turent enfin, un peu plus polies qu'à l'ordinaire. Wallace avait apprit à les ignorer, avec le temps, ou du moins à garder une tête concentrée lorsque ses doubles commençaient à débiter des conneries en long, en large et en travers de la route que prenaient habituellement ses pensées. Ce qui ne l'empêchait pas de bloquer depuis bien dix secondes sur la question des cheveux. Chacun son tour.

"Non, mais... 'fin, je l'aime bien, cette coupe, quoi."

Une occasion de détourner Nathan de ses soucis, lui sussura sa conscience. Saisis-là, couillon.
Il se tendit doucement en direction du sorcier, pris un air de conspirateur dramatique (celui où on regarde autour de nous pour être sûr qu'on nous entends pas, alors qu'on sait parfaitement qu'il n'y a personne autour ? Celui-là), et demanda :

"Mais... sérieusement, tu en penses quoi, toi ?"
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 2 Sep - 18:46

Il y avait seulement quelques minutes, Nathan aurait pensé qu'il lui serait impossible de sourire, même pour la forme, même pour être sympa. Après tout ce qu'il s'était passé, et à l'idée que le pire restait sans doute à venir, il se demandait carrément s'il allait un jour en être capable à nouveau.
Mais là, le plus naturellement du monde, il le sentit naître sur ses lèvres, franc, large, hilare. Il sentit la gratitude l'envahir.
Il baissa les yeux, souriant toujours et haussant les sourcils. Il retrouvait son train de pensée.

"Ça m'a surpris, " avoua-t-il " mais franchement, c'est... vraiment badass."

Il regarda à nouveau Wallace, dont le visage était près, vraiment près du sien. Instinctivement, il se recula, tirant sur les manches de son pull humide.

"C'est que, je m'y attendais pas de ta part." poursuivit-il un peu plus rapidement "D'un mec comme toi, je veux dire."

Et merde. Une pointe de panique s'empara de lui. Son sourire disparut.

"Enfin, non! Je ne voulais pas dire que tu n'es pas badass!" ajouta-t-il avec empressement "Juste que je te voyais plus... coincé? Enfin, moins relax?"

Et voilà, Champion, félicitations. Vraiment génial. Il vient te voir et le premier truc que tu fais c'est de l'insulter. Trop classe, Nathan. Sérieux, dix sur dix.
Il regardait partout sauf en direction du visage de Wallace. Ça ne lui était pas arrivé depuis des années mais il se sentit rougir. Il vit une petite fissure dans la peinture du plafond et se fixa dessus. Inexplicablement, il sentit ses yeux picoter.
Oh non. Tout, vraiment tout sauf ça.
Ça recommençait comme tout à l'heure. Il avait tout gâché. Le réconfort avait duré quelques secondes et puis il avait fallu qu'il ouvre sa gueule et qu'il foute tout en l'air. Comme il le faisait à chaque fois. Il n'avait pas pu arrêter Guerre parce qu'il avait baissé sa garde, il n'avait pas pu rester une seconde auprès des fantômes de Snyder parce qu'il était un lâche. Il ne pouvait pas aider sa mère, ni son équipe. Wallace était obligé d'aller au delà des limites de son corps à chaque fois qu'ils combattaient, parce que Nathan n'était pas assez fort pour qu'il n'ait pas besoin de le faire. Il se poussait à bout tous le jours, sous ses yeux, et quand il venait le voir il ne pouvait même pas lui parler normalement pendant trente secondes sans piquer sa crise.
Élu des Vishantis mon cul. 'J'ai juste besoin d'un peu de temps' mon cul.
Sa gorge se noua à nouveau en un nœud douloureux.
Non, pitié, tout sauf ça. Je ne veux pas qu'il voie ça.
Il cacha ses yeux de sa main et baissa la tête.

"Je suis désolé, Wallace." murmura-t-il " Je... J'adore tes cheveux."

Il se mordit la lèvre pour l’empêcher de trembler.

"Vraiment, j'adore. Je... pardon."


Dernière édition par Nathan Clair le Mer 3 Sep - 12:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 2 Sep - 20:06

En voyant le sourire naître sur les lèvres de Nathan, Wallace cru un instant qu'il avait réussi. Pendant quelques secondes, un début de sourire s'esquissa sur son propre visage, presque un fragment de rire. Le rire était un des meilleurs remèdes qu'il connaissait, et un des seuls qu'il était en mesure d'appliquer là, tout de suite. En entendant les paroles de son coéquipier, qu'il dévorait à présent des yeux, le mutant se sentit rempli d'une certaine fierté. Badass, lui ? Personne ne lui avait jamais dit ça. C'était tellement inhabituel qu'il manqua de laisser échapper un petit rire nerveux et timide. Il ne s'attendait pas à ça de sa part ? Tant mieux ! Wallace était agréablement surpris d'apprendre qu'il avait enfin les capacités, même minimes, de dépasser ce qu'on attendait de lui.
Le sourire de Nathan disparut avec la rapidité d'un trou noir.
Merde. Qu'est-ce qu'il avait fait ? Il n'avait pas pu saborder la situation, pas cette fois. Bon sang, il n'avait pas encore ouvert la bouche ! Comment...
Le sorcier recommença à parler, plus rapidement cette fois, comme s'il se reprochait sa dernière phrase, et en sortit une seconde dans le même ton. Sans relever la remarque, Wallace le vit chercher quelque chose des yeux, autour de lui, jusqu'à se fixer sur le plafond.

"Nat', hé..."

Nat' ne l'entendait pas. Il semblait ailleurs, loin, très loin, à des endroits de sa mémoire où Wallace avait peur de le voir entrer. Et vu la manière dont il venait de se couvrir les yeux à l'aide d'une main tremblante, il était en plein dedans.

Putain de merde, je fais quoi ?! Je fais quoi ?
Lèches ses larmes, le goût salé est particulièrement...
TA. GUEUUUUUULE !

Ses traits se tendirent sous l'effort que lui demandait de commander ses doubles. Les deux ombres formées autour de lui s'évaporèrent soudain, éteintes de la même façon que deux petites bougies sous un courant d'air. Wallace ouvrit de nouveau les yeux, et son expression de colère crispée le quitta. Il réalisa à la douleur qu'il venait de s'enfoncer les doigts dans la jambe gauche. La voix de Nathan tremblait en murmurant des excuses. Les doigts se décrochèrent un à un de son jean, et il posa péniblement la main sur son propre genou en cherchant une parole, un mot à dire, quelque chose...
N'importe quoi qui puisse faire aller mieux la personne en face de lui et qui en avait besoin plus que tout. Il ne trouva rien. Qu'y avait-il à dire ? Qu'ils allaient y arriver, que la Guerre allait plier le genou devant eux et rendre ce qu'elle avait prit ? Qu'Armatech allait leur rendre leur vie, celle qu'ils avaient perdus en même temps que lui-même, Wallace, avait refusé de se rendre face à des ennemis plus puissants, qui les dépassaient totalement et avaient assassiné celle qu'il s'était résolu à considérer comme sa mère, sur une bravade ? Qu'il se sentait un peu mieux que lui, mais que cela ne tenait qu'à deux mois de thérapie et à son propre motto, celui de se forcer à oublier pour essayer de tenir debout tout les matins ?
Il n'y avait rien à dire.

Il ne dit donc rien. Son bras gauche entoura doucement le dos de Nathan, tandis que le droit faisait de même. Il plaça sa tête à côté de celle du jeune homme en larmes, et serra tendrement.

Il ne voyait rien d'autre à faire.
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 2 Sep - 21:33

Quand il sentit les bras de Wallace se refermer autour de lui, Nathan se crispa violemment.
Non, ne pas craquer, pas ici, pas comme ça, pas devant lui... Il essayait de déglutir, d'avaler la grosse boule qui pulsait douloureusement dans sa gorge, d’arrêter le tremblement qui avait saisi ses épaules, les spasmes de son diaphragme, de se calmer, non, par pitié, il ne devait pas craquer...
Lentement, de grosses larmes commencèrent à rouler de sous ses paupières serrées, et là, c'était déjà trop tard.
Il enfouit son visage dans l'épaule de son ami, son front pressé contre le tissus, et sentit de violents sanglots ébranler tout son corps. Il se brisa comme une vague contre le corps de Wallace, chaque sursaut si brutal qu'il aurait pu en crier de douleur. Il avait l'impression que chaque secousse lui déchirait la gorge, il ne pouvait émettre le moindre son, il étouffait. Son corps entier tremblait, et ses mains se crispèrent convulsivement, saisissant à pleines poignées le t-shirt de Wallace, s'y accrochant désespérément.

"Je suis désolé." parvint-il à gémir.

Il ne réfléchissait plus. Il avait mal. Il avait envie de hurler tellement c'était injuste, tellement il s'en voulait de tout ce qu'il avait fait, de tout ce qu'il n'avait pas réussi à faire, de lui imposer ça à lui, alors qu'il avait lui-même bien assez de problèmes.

"Oh, Wallace, je suis tellement désolé."

C'était tout ce qu'il arrivait à dire. Il était pitoyable. Qu'est-ce qu'un gamin qui voudrait prétendre aider les autres alors qu'il ne pouvait même pas aller se coucher le soir sans se réveiller toutes les trois heures en hurlant de terreur? Qui ne pouvait pas garder la tête froide alors qu'on avait besoin de lui? En avait-on vraiment, d'ailleurs? Comment pouvait-on vouloir de lui alors qu'il était comme ça? Wallace devait le détester, pire, il devait être dégoûté de lui, ce pauvre nul qui était en train de lui baver dessus, de mouiller de morve son t-shirt qui sentait si bon le savon, le shampoing, et sa peau à lui. L'idée lui donna la nausée.
Progressivement, il sentit ses sanglots se faire de plus en plus espacés. Par épuisement plus que par volonté, il arrêtait lentement de pleurer. Il frissonna plusieurs fois, de la tête au pied, les poumons en feu, le souffle court. Il n'osait pas bouger, de peur que Wallace ne voie son visage.

"Je suis désolé..." murmura-t-il encore une fois de sa voix brisée et étouffée par le tissus, ses mains lâchant doucement le dos du mutant "d’être tellement putain de nul."

Il tenta de se dégager, poursuivant:

"Et je suis désolé que tu aies pu croire que ça valait la peine d'avoir des sentiments pour moi."
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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 2 Sep - 23:09

Lorsqu'il sentit Nathan s'effondrer contre lui, Wallace ne dit rien, ne fit rien, si ce n'est s'agripper un peu plus à la personne qu'il aimait. Il le serrait contre lui comme le jeune homme l'avait fait au Canada, après qu'il ait ravagé le flanc d'une montagne de rage impuissante. Il avait, d'une certaine manière, déjà vécu cette situation à l'opposé, et se laisser aller dans les bras de quelqu'un l'avait aidé. Il ignorait si ce serait le cas pour le sorcier, qui à présent avait saisit son t-shirt à deux mains pour essayer de ne pas tomber plus qu'il ne le faisait déjà.
Un gémissement lui parvint, à travers les pleurs, les hoquets, entre chaque convulsion du corps qu'il avait contre lui.

"Je suis désolé", parvint-il à entendre.

Je sais, songea-t-il. Moi aussi. Moi aussi...

Wallace ferma les yeux, la tête profondément ancrée à côté de celle de son ami. Il respira longuement son odeur, ainsi que celle, plus ténue, des pins japonais. Ses propres yeux étaient troubles. En cet instant précis, il voulait seulement rester là, à attendre que Nathan déverse tout ce qui pouvait lui peser sur les épaules, et rester encore. Ne plus bouger, être sûr qu'il allait bien. Parce que c'était aussi ce dont il avait besoin, lui. Peut-être aussi qu'il voulait lui montrer que, d'une certaine manière, il était solide, aussi solide que Nathan avait pu être quand on avait eu besoin de lui.
Wallace sentit les mains qui tenaient son dos se relâcher doucement, et la voix brisée de Nathan murmurer encore une fois.

"Je suis désolé... d'être tellement un putain de nul."

Le mutant voulait protester, dire qu'au contraire, sans lui, personne ne serait là, que sans lui, il serait sans doute devenu fou. Que l'une des seules personnes à le critiquer lorsqu'il dépassait les bornes, et dont il acceptait les remarques, c'était lui.
Que, sans lui, il ne serait plus grand chose. Une poupée aux mains d'Armatech, sans doute.
Aucun son ne parvint à dépasser la barrière de ses lèvres.
Lorsque Nathan tenta de se dégager, Wallace le laissa faire. Il ne voulait pas le brusquer. Il ne savait pas quoi faire. Tout ce qu'il savait, c'est que ce dont il avait envie à cet instant précis -l'embrasser, le prendre dans ses bras jusqu'à ce que le monde guérisse de lui-même et les oublie- n'était pas la bonne solution.

"Et je suis désolé que tu ait pu croire que ça valait la peine d'avoir des sentiments pour moi."

Le visage de Wallace se ferma pour la première fois depuis qu'il était entré dans la pièce. C'était une expression différente de celle qu'il avait affiché sous l'effort, en repoussant ses doubles. Ses traits s'étaient figés, devenus presque durs, en même temps qu'une longue douche froide lui coulait à travers la colonne vertébrale. Sans sourire, il essuya une larme sur la joue gauche de Nathan, expira par le nez. Et se décida à parler, en le regardant autant dans les yeux qu'il en était capable.

"Tu me connais, la croyance... ça n'a jamais été trop mon truc. Alors laisses-moi juste te dire une chose. J'ai des sentiments pour toi, Nathan Clair, que tu le veuilles ou non. Et ça n'est pas près de changer."


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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mer 3 Sep - 0:31

La vision de Nathan était floue. Il fixait le vide au delà de l'épaule de Wallace.
Voilà, c'était dit. Avec toute la merde qu'ils étaient en train de traverser, la dernière chose dont Wallace avait besoin, c'était de lui. Et lui, il savait qu'il avait à peine la force de se soutenir tout seul, et encore moins celle de supporter le risque de se lier à Wallace et de le perdre ensuite. De façon définitive, même -l'idée lui donnait la nausée.
Alors à quoi bon rêver? Il savait bien que, depuis des semaines, il ne faisait que repousser l'échéance. Il n'avait pas vraiment menti, ce soir là, après la serre, quand il avait dit qu'il n'était pas sur de se sentir prêt, qu'il voulait que les choses se fassent plus lentement. Il avait juste omis une bonne partie du pourquoi et oublié de mentionner que pour leur bien à tous les deux, "plus lentement" pouvait vouloir dire "jamais". Cette journée de merde lui avait donné la chance de le faire enfin.
Sa gorge lui faisait un mal de chien. Il devait avoir l'air misérable, mais c'était tant mieux. Qu'il le voie. Qu'on en finisse. Qu'on puisse retourner sur le champ de bataille sans penser aux autres choses qui pourraient se briser dans le combat. Il y avait des choses bien plus importantes que son pitoyable petit cœur brisé.
Il serait toujours là pour Wallace, mais il ne risquerait pas de l'infecter plus que nécessaire avec son propre poison, avec ses doigts affamés qui ne rêvaient que de laisser des marques sur une peau qui en portait déjà trop, avec sa bouche de salope qui ne voulait que goûter à tous les coins d'un corps dont la guerre réclamait déjà la possession.

Il glissa un regard vers le visage de Wallace. Son expression était dure, fermée, le jugement même. C'était bien. Ça faisait quand même mal, d’être regardé comme ça par lui, mais c'était bien. Pour le reste, il allait gérer, d'une façon ou d'une autre. Ça, c'était réglé.
Il sursauta quand il vit Wallace lever la main, et encore quand il sentit un doigt frais se poser sur sa joue brûlante, et y écraser une larme. Les yeux bruns en face des siens étaient immobiles et sévères quand il l'entendit dire:

"Tu me connais, la croyance... ça n'a jamais été trop mon truc. Alors laisses-moi juste te dire une chose. J'ai des sentiments pour toi, Nathan Clair, que tu le veuilles ou non. Et ça n'est pas près de changer."

Cet idiot... Nathan sentit de nouvelles larmes perler aux coins de ses yeux. Il les laissa couler. On n'était plus à ça près. Mais il se raffermit, déterminé: ça n'était pas le moment de flancher. Il se leva brusquement, incapable de rester assis une seconde de plus. Il se passa une main sur la bouche, inspira un coup et fit face au mutant.

"Tu ne comprends pas, Wallace." dit-il, sa voix enrouée et pitoyable, ce qui l'énerva "Ça ne peut être bon ni pour toi, ni pour moi. On a d'autres trucs auxquels penser. Comme tu peux le voir, moi j'ai un sérieux paquet de trucs à résoudre. Et je sais que de ton coté, c'est pareil. Alors plutôt que de s'inquiéter l'un pour l'autre, on ferait mieux de garder nos forces pour nous mêmes. Franchement, tu as l'air de bien t'en sortir, ces derniers temps. J'ai juste besoin de rattraper mon retard."

Ça sonnait faux, bon sang, tellement faux. Il déglutit. C'était tellement dur de le regarder dans les yeux. Nathan était obligé de détourner constamment son regard.
Vas y, balance, au point où on en est...

"En plus, ces sentiments que tu as pour moi, c'est commun tu sais? Quand on est seuls pendant un certain temps, la première personne qui s'intéresse un peu à nous, tout de suite, c'est forcément la bonne."

Il devait se forcer pour continuer à parler comme ça. Il serra les poings et réussit à extirper un demi sourire du fin fond de sa façade mondaine.

"Même un mec, des fois." poursuivit-il "Sauf que ce n'est pas toujours forcément ce que l'on cherche, au final."


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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mer 3 Sep - 1:58

La première vague de raisons que lui donna Nathan s'écrasa contre un mur de pierre. Wallace les écarta mentalement, sans rien dire, répondant en pensée à chacune d'entre elle tandis que le jeune homme en face de lui énonçait la suivante.

"Ça ne peut être bon ni pour toi, ni pour moi."
Oses me dire que ça ne serait pas bon pour toi de savoir que si tu pars en latte, quelqu'un sera là pour toi. Pour te dire qu'il t'aime et prendre le temps de tout faire pour que tu ailles mieux. Oses, pour voir. Je sais que moi, c'est une des seules choses qui me font tenir.

"On a d'autres trucs à penser."
D'autres trucs que se soutenir ensemble au travers de cette vie de merde ? Je ne pense pas, non. C'est même une des seules choses à laquelle on devrait avoir à penser maintenant.

"Comme tu peux le voir, moi j'ai un paquet de trucs à résoudre. Et je sais que de ton côté, c'est pareil."
Oui. Ça irait plus vite et plus simplement si on les résolvait ensemble, non ?

"Alors plutôt que de s'inquiéter l'un pour l'autre, on ferait mieux de garder nos forces pour nous mêmes."
Bullshit. Bullshit.

"Franchement, tu as l'air de bien t'en sortir, ces derniers temps. J'ai juste besoin de rattraper mon retard."
Non. On a besoin de la même chose. Quelqu'un. Quelqu'un sur qui on puisse s'appuyer, imbécile. Et je ne m'en sors pas. J'oublie. Si je regarde en arrière, je suis fini. Et toi aussi, tu vas finir par craquer. Et ça, aucun d'entre nous ne s'en remettra.

Wallace avait conscience que la plupart de ses réponses mentales étaient égoïstes, profondément ancrées dans ce qu'il ressentait et avait besoin, lui. Mais, ce qu'il venait de dire à Nathan était simplement la plus grosse prise de décision qu'il ait jamais faite. Il se foutait des arguments. Il savait ce qu'il avait dit, et pourquoi. Et rien ne le ferait changer d'avis. Nathan pouvait bien lui balancer toutes les tsunamis d'arguments qu'il voulait, le mutant savait que ce qu'il avait dit était plus réel que le banc sur lequel il se tenait.
La seconde phrase du sorcier ressemblait plutôt à une lame de fond. Pendant une seconde, Wallace ne comprit pas le sens des mots qui venaient de lui êtres projetés au visage, et puis Nathan ouvrit la bouche pour la troisième fois.

"Même un mec, des fois. Sauf que ce n'est pas toujours forcément ce que l'on cherche, au final."

Wallace déglutit avec difficulté. Autant essayer d'avaler un tronc d'arbre, branches comprises. Il ferma les yeux et inspira profondément, en essayant d'oublier la douleur qui lui comprimait la poitrine. Lorsqu'il les rouvrit quelques secondes plus tard, la température ambiante avait chuté de presque dix degrés. Sous sa main droite posée sur la table en acajou s'étendait paresseusement un frimas léger, qui parcourait le bois au gré de ses circonvolutions.
Merde. C'était vraiment, vraiment pas le moment. Mais le moment était là, et il n'y avait plus rien à faire. Mis à part la chose pour laquelle il était venu, à la base : parler.
Son souffle laissa échapper une buée froide lorsqu'il se décida à émettre le premier son. Il parla par phrases courtes, hachées, en essayant de maîtriser le tremblement nerveux de sa bouche.

"Et tu es mieux placé que moi pour savoir ce que je cherche, je suppose ? Non. Ne répond pas. C'était une question réthorique. Je sais ce que je cherche, et je ne cherche rien, j'ai trouvé. Pour la première fois dans ma putain de vie, j'ai trouvé. Et ça ne remonte pas aux derniers jours. Alors remballes-moi ces conneries. On est pas des héros. Seuls, on va pas s'en sortir. Alors fais ce que tu veux. Dis-moi que tu ne veux pas de moi. Ça, je pourrait l'accepter. Ce ne serait pas la première fois qu'on me le dit."

Il se tut un instant. Avec lenteur, la température revint à la normale, le bois cessa de craquer sous la morsure du gel. Lorsque Wallace reprit la parole, il semblait être retourné à l'état dans lequel il s'était trouvé lors de son arrivée à la base. Seul, épuisé, désespéré. À bout.
Chaque mot lui écorcha les lèvres en passant au travers, et pourtant sa voix n'était qu'un murmure.

"Mais si tu remets encore une fois en question la seule et unique chose dont je sois sûr... Ce sera la dernière fois que tu me verras."
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mer 3 Sep - 11:21

Pendant qu'il parlait, Nathan avait vu l'expression de Wallace se durcir plus encore à chaque phrase. Son visage avait pris les teintes d'une détermination sans faille. Ses yeux avaient brûlé d'une colère sourde.

Stupide imbécile têtu, avait pensé Nathan. Combien de cette merde je vais devoir raconter pour que tu comprennes?

Quand avait lâché son dernier, vil coup de poignard, dont le gout amer flottait encore dans sa bouche, il avait vu qu'il avait touché. Une surprise trahie, douloureuse était passée sur les traits de Wallace, avant qu'il ne ferme les yeux, baissant la tête, sa poitrine soulevée par une respiration tremblante.

Comment peut-on être un tel connard, voilà ce qu'il devait être en train de se demander.

C'est facile, Wallace, il suffit de laisser la peur parler à sa place.

Cette incrédulité dans ses yeux, la façon dont sa bouche s'était entrouverte, dont sa gorge s'était contractée, comme s'il venait de recevoir un coup d'une personne à laquelle il faisait confiance -ce qui était le cas - Nathan ne pourrait jamais les oublier.
Puis, les sourcils du mutant s'étaient froncés, et Nathan avait senti le froid l'envahir. Il avait pensé que c'était normal, que quelque chose au fond de lui-même venait de sombrer dans un endroit glacial, et qu'elle y resterait peut être à jamais.
Mais ensuite il avait vu son souffle jaillir en un petit nuage de vapeur blanche, et de grosses fleurs de gel s'épanouir sur la table en bois, sous la main de Wallace. Dans l'équilibre de la pièce, quelque chose changeait. Il perçut l'énergie de Wallace qui se rassemblait, vibrait autour de ses épaules, irradiait la pièce en grosses vagues de pouvoir. Nathan les sentait rouler sur sa peau, comme il les avait senties tant de fois. Ses méridiens frissonnaient à ce contact familier.
Par les Vishantis, il était puissant. Allait-t-il l'attaquer? L'avait-il poussé au delà de la limite du contrôle qu'il cherchait toujours désespérément à maintenir? Une faute impardonnable de plus sur la longue liste de celles qu'il lui avait infligées. Il sentit la magie naître par réflexe en son centre courir jusqu'à ses doigts.

Ok, Wallace. Vas'y. Il faut être deux pour danser le tango.

Une étincelle craqua dans sa paume. Qu'il le frappe. Il était prêt à tout prendre. Quelle que soit l'issue du combat, s'il levaient la main l'un contre l'autre, c'était fini. Nathan en avait presque envie.

Fais moi sentir le mal que j'ai pu te faire. Si tu me tues, je l'aurai putain de mérité. Si ce n'est aujourd'hui, c'était hier. Où il y a quelques heures, quand j'ai laissé ce chien aux ordres de Mephisto s'échapper de ma barrière.

Il se tassa, prêt à encaisser, mais Wallace ne fit rien. Il leva juste vers lui un regard si blessé que Nathan put sentir sa magie s'évaporer dans l'instant. Et il commença à parler, d'une voix tremblante, de la buée s'échappant d'entre ses lèvres. Il lui demandait ce que lui pouvait bien savoir de ses sentiments, de quel putain de droit il se permettait de parler comme s'il avait dix ans de plus que lui et une vie sentimentale sereine et claire. Il voulut l'interrompre, le faire taire, mais Wallace continua, implacable.

"Je sais ce que je cherche, et je ne cherche rien, j'ai trouvé. Pour la première fois dans ma putain de vie, j'ai trouvé."
Tu as regardé autour de toi? On est des gamins forcés à se terrer dans un trou à tous les instants où on est pas en train de mettre notre vie en danger. N'importe quel putain d'idiot se rendrait compte que c'est le moment de garder la tête froide, d'oublier le petit pédé qui sourit à chaque fois que tu dis ou fais un truc et qui à la trique le soir quand il va se coucher parce qu'il pense à tes mains, le gros dégueulasse. La même tapette qui a été assez con pour se laisser croire pendant une seconde que ça allait être possible, un soir, sous une serre, ses lèvres pressées contre les tiennes, et à cause de qui on se retrouve dans cette situation de merde.

"Dis-moi que tu ne veux pas de moi. Ça, je pourrait l'accepter. Ce ne serait pas la première fois qu'on me le dit."
Il était si sur de lui. Et pourtant il lui tendait le bâton qui servirait à le frapper.
Le froid tombait. Nathan sentit son front se couvrir de sueur. Après le gel, l'air de la bibliothèque lui paraissait étouffante. Ou peut être était-ce ce qu'il s’apprêtait à dire.

Encore un effort.

Pourquoi est-ce qu'il faisait tout ça? Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait laisser Wallace s'approcher, au final? Il pouvait le voir dans ses yeux, il ne mentait pas sur ce qu'il éprouvait pour lui. Et lui-même n'avait pas besoin de chercher trop loin dans sa tête pour savoir qu'en plus de vouloir être avec Wallace, contre lui, de lui parler et de passer sa main dans ses nouveaux cheveux, il le désirait aussi, d'une façon qui était tout sauf tendre.

Parce que j'ai peur. J'ai peur de ne pas être assez bon, j'ai peur qu'une fois qu'il m'ait vu comme je suis il ne me laisse tomber. J'ai peur de me réveiller en hurlant, trempé de sueur, pour le voir loin, effrayé par ce que j'ai pu dire en dormant, la bouche déformée pas une grimace de dégoût. J'ai peur de le blesser comme j'ai pu blesser ma mère et mon maître, quand tout autour de moi se met à siffler et que la voix dans ma tête me dit que c'est bien. Je vis ma vie dans un état de terreur constante et je ne veux pas que quelqu'un se blesse en s'approchant trop de moi.
Mais au dessus de tout ça, j'ai peur que ça marche, Wallace. J'ai peur qu'on soit heureux et qu'ensuite il t'arrive quelque chose. Que tu deviennes fou, que tu meures et que je sois obligé de regarder, impuissant. Je ne fais pas tout ça seulement pour te protéger toi, Wallace, comme j'essaye de me convaincre depuis tout à l'heure. C'est aussi moi que je ne veux pas mettre en danger.


Il déglutit. Il fallait lui dire que non, pauvre con, il n'avait toujours pas compris qu'il le débectait, et qu'il ne voudrait jamais de lui? Qu'il le faisait chier avec ses sentiments de petit hétéro en plein questionnement. Que s'il voulait le baiser un bon coup pour s'offrir un petit caprice, eh bien il suffisait de demander!
Il allait le détester, mais ça ne les empêcherait pas de travailler ensemble, si?

Wallace acheva sa tirade, épuisé, dans un murmure, laissant tomber de ses lèvres tremblantes les pires mots que Nathan ait jamais entendu:

"Mais si tu remets encore une fois en question la seule et unique chose dont je sois sûr... Ce sera la dernière fois que tu me verras."

Nathan comprit. Ses intestins se nouèrent, ses poings se serrèrent compulsivement.
C'était tout ou rien. S'il ouvrait la bouche pour dire ce qu'il avait prévu, ce serait fini pour de bon. Plus d'entrainement, plus de thé posé en silence sur sa table d'étude, plus de confidences, plus de blagues, plus de rien.
Il allait achever cette histoire. Il le perdrait à jamais.
Il prit sa respiration, mais rien ne vint. Ses lèvres tremblaient à nouveau, et il avait mal au ventre. Il savait ce qu'il devait dire, mais aucun son ne passait ses lèvres.

Je ne peux pas, réalisa-t-il.

Je ne peux pas, parce que tout ce que j'ai dit jusqu'à maintenant, je le pensais, au moins un peu. Que ça serait mieux si on restait amis et on évitait de se lancer dans une histoire pour laquelle la place n'existe pas, j'y crois encore.
Mais dire que je ne veux pas de lui et que ça m'est égal de ne plus jamais le revoir, ce serait mentir plus éhontément que je ne l'aie jamais fait de toute ma vie.


Il s'aperçut à peine qu'il commençait à parler à haute voix.

"Je ne peux pas faire ça. Je ne veux pas faire ça. C'est au dessus de mes forces."

Il planta ses yeux dans ceux de Wallace, suppliant.

"Je ne peux pas te mentir, Wallace, mais je ne peux pas non plus faire en sorte que ça marche. Qu'est-ce que tu veux que je dise? Qu'est-ce que tu veux de moi, bordel?"
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mer 3 Sep - 22:40

Fatigué. Wallace était tellement fatigué. Mettre des mots, enfin, sur ce qu'il ressentait, résister au coup de poignard, se relever, répondre. Il en avait assez. Si Nathan continuait à penser qu'il pouvait prédire ses moindres sentiments, s'il refusait de prendre son avertissement au sérieux, il partirait. Définitivement. Peut-être.
Il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas partir, parce qu'il savait très bien qu'il ne s'en sortirait jamais seul. La seule pensée de ce futur possible contracta encore sa poitrine. Il avait failli être seul, pas si longtemps auparavant. Le soir de leur fuite. La rage et la douleur étaient en train de le rendre fou, et il avait couru sans se retourner, incapable de faire face à la situation, incapable de se battre face aux meurtriers de sa seconde mère. Le tunnel subspatial l'avait conduit là où il voulait désespérément revenir, la cabane de pêcheur de ses parents, au Canada. C'était presque un miracle qu'il ne les ait pas croisé. Sans Louise, personne ne l'aurait retrouvé, et sans Nathan, il serait encore en train de casser une montagne à mains nues, incapable de sentir quoi que ce soit d'autre que sa propre impuissance. Il n'avait jamais rien dit, mais ce jour-là, il avait failli perdre le contrôle. Totalement, et définitivement.

Comment je peux te faire comprendre que sans toi, sans toi... Merde.

Wallace s'en rendit compte trop tard, mais il venait de commettre l'erreur. Il avait regardé en arrière. Et en un instant, ce ne fut plus seulement sa poitrine, mais tout son corps qui se contracta. Ses poumons ne fonctionnaient plus et son cœur pulsait, sourd, frénétique. Il avait ouvert la porte, et maintenant tout devait sortir.

Non. Non. Nonononononononoooon... Stop. STOP !

Arrêtez tout, je veux descendre était la seule traduction cohérente de sa pensée. Sauf que maintenant, la machine était emballée, et on ne descend pas d'un train en marche sauf pour s'écraser au fond d'abîmes pire encore. Les images se succédaient, la vague, la mère, la soeur, les corps désarticulés au fond de l'eau, l'abîme, son pantalon souillé de merde alors qu'il mourait pour la première fois, l'abîme, l'abîme, la mort, la Guerre, la soeur, Nathan.
Nathan disait quelque chose. Et à travers son apnée, Wallace se força à entendre.

"Je ne peux pas faire ça. Je ne veux pas faire ça. C'est au dessus de mes forces."

Un léger souffle d'air, ténu, s'infiltra à nouveau dans les poumons du mutant. Son attaque n'avait duré que quelques secondes, et il commençait à reprendre le contrôle. Nathan n'avait rien vu. Wallace sentit son corps se décrisper lentement, avec une conscience presque polie. Respires, calmes-toi, c'est pas grave. Tu dois simplement ne plus essayer de regarder. Écoutes ce qu'il a à dire. Concentres-toi là-dessus.
Lorsque Nathan planta ses yeux dans les siens, en dépit de la situation, il se sentit redevenir calme. Merde, le sorcier était beau. Triste, aussi. Wallace avait honte de lui imposer un truc pareil. Après tout, qu'est-ce qui lui donnait le droit, à lui, de lui balancer ses propres sentiments à la gueule alors que Nathan avait toujours été là pour lui ?

J'aurais dû la fermer. J'aurais dû me taire. Plus de retour en arrière maintenant, et j'ai sans doute tout fait foirer.

"Je ne peux pas te mentir, Wallace, mais je ne peux pas non plus faire en sorte que ça marche. Qu'est-ce que tu veux que je dise? Qu'est-ce que tu veux de moi, bordel?"

Il avait cru que Nathan irait jusqu'à clore le débat. Oui, non, va te faire foutre, des termes simples. Mais il était aussi perdu que lui. Les yeux de Wallace se détournèrent un instant. Qu'est-ce qu'il voulait de lui ? Mais, surtout, qu'est-ce qu'il était en mesure de lui demander ? En avait-il seulement le droit ? Avec lenteur, le mutant déglutit, et le tronc d'arbre dans sa gorge sembla s'adoucir un peu.

"Ce que je veux... ce que je veux et ce que je voudrait sont deux choses différentes. Ce que je voudrais, c'est être avec toi, t'embrasser, me serrer contre toi, passer ensemble le plus de temps possible parce qu'on sait tout les deux qu'il est fort probable qu'il soit court, et aussi tout ce que je voudrait te faire, ici ou ailleurs, dans un lit, n'importe où, du moment que c'est toi, et que je ne peux pas te demander, parce que ce n'est pas la bonne chose à faire, parce que je ne peux pas te faire un coup comme ça maintenant. Je voudrais que ça marche. Mais je sais aussi..."

Wallace ferma les yeux un instant, détaché autant qu'il le pouvait. Il inspira profondément.

"... Je sais aussi que tout ce que je veux de toi, ce que je peux peut-être te demander à cet instant précis, se réduit à savoir que tu ne vas pas essayer de gérer une telle masse de merde tout seul. Que tu vas aller voir quelqu'un, n'importe qui, moi, peut-être, qui sait ? Et que tu vas te permettre de déposer un peu de poids sur cette personne, parce que cette personne a envie de t'aider."

Il le fixa dans les yeux, rancunier et furieux et avec l'envie désespérée de le sentir contre lui.

"Merde, tu crois que ça me demande un putain d'effort ?! Que je puise dans une quelconque réserve pour venir te voir, pour discuter, pour t'embrasser ? Détrompes-toi, Nat', détrompes-toi. Je..."

Après tout ça, le plus dur était encore à dire. Wallace le poussa malgré tout hors de sa gorge, en se demandant s'il n'allait pas vomir.

"Ce que je voudrais... c'est toi."

Quelques-unes de ses articulations craquèrent en silence alors que le mutant essayait de se casser les genoux par simple pression des doigts. Il maintint son regard, en essayant de paraître un peu digne, une dernière fois.

"Ce que je veux... c'est t'aider, Nat'. Que tu acceptes que sur cette foutue base, il y a quelqu'un qui t'aime et qui veux t'aider. C'est tout."
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Jeu 4 Sep - 17:10

Debout en face de Wallace, Nathan haletait, à bout de souffle.
Il était acculé. Maintenant, tout dépendait de ce que Wallace allait répondre.
Et il n'avait aucune idée de ce que le mutant allait dire.

Wallace ne savait sans doute  pas à quel point, en cet instant, Nathan était vulnérable. Entièrement, totalement, à sa merci. Avec sa dernière question, il s'était livré, pieds et poings liés, la gorge tendue vers la lame du bourreau. Son cœur était sur un plateau, et les mots que le mutant allait prononcer étaient des épées suspendues au dessus de celui-ci, leurs pointes aiguisées effleurant la chair pulsante, mise à nu. En une phrase, un mot, il pouvait le détruire.
Nathan aurait survécu. Il l'avait déjà fait. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans cette situation, son être et son corps livrés au bon vouloir d'un autre. Il était jeune, mais il avait déjà eu sa part de blessures. Des hommes avaient déjà accepté son corps tout en crachant sur ses sentiments offerts. Bon sang, une ou deux fois, c'était même lui qui l'avait fait à d'autres.

Mais là, c'était différent. C'était lui qui s'opposait de toutes ses forces aux dangers de ces sentiments, aveuglé par la peur. Et c'était la personne en face qui résistait, brisant toutes ses défenses, le laissant désorienté, perdu, béant comme une plaie ouverte. Un nerf découvert, l'écorché d'une gravure médicale. Au cours de cette dernière heure, il avait parlé comme un fou, poussé dans ses derniers retranchements par la douleur de Wallace, mais aussi par sa force. Affaiblis par les événements, sa résistance, son contrôle, sa rationalité avaient volé en éclats comme ça n'était pas arrivé depuis des années. Nathan était un gars solide.
D'habitude.
Cette conversation lui avait glissé des mains, les événements avaient fait basculer sa conviction. Et maintenant il était nu, ses certitudes en déroute, ses raisons oubliées, la tête vide, attendant.

Voilà ce qu'on gagne à ne pas savoir se brider.

Il savait que Wallace était à bout aussi. Il voyait bien dans ses yeux la fatigue, la résignation.

"De quoi tu te plains? Ce n'est pas ce que tu voulais, à la base?" demanda une voix cruelle dans sa tête "Depuis tout à l'heure, tu n'était pas en train d'essayer de le repousser? Tu n'étais pas prêt à lui faire mal?"

Si, c'était le cas.
Mais l'idée qu'il avait failli le faire partir, qu'il aurait pu le repousser tellement loin qu'il ne serait jamais revenu, l'avait rendu fou.

Wallace se mit à parler et, bon sang, les choses qu'il disait...

Il pouvait encore tout arrêter, mordre la main tendue vers lui. Il était encore temps.
Vraiment? Il le pouvait? Il n'en était pas si sur.
Il buvait ses paroles, il était un condamné suspendu par le cou à ses lèvres, et on venait de lui accorder grâce.
Tout son corps se tendait en avant, chaque fibre, chaque centimètre de sa peau ne voulant qu'une chose: Wallace, Wallace. Les vibrations de son être composaient un hymne déchirant en son nom.

"T'embrasser..."
Mon Dieu.

"Dans un lit..."
Oh mon Dieu.

"...envie de t'aider."
Oh mon Dieu, Wallace, oui, oui, je t'en prie.

"...que je ne peux pas te demander..."
Tu n'imagines même pas ce que tu pourrais me demander, ce à quoi je pourrais dire oui. Ça te ferait peur.

"Tu crois que ça me demande un putain d'effort ?!"
Oui.

"Que je puise dans une quelconque réserve pour venir te voir, pour discuter, pour t'embrasser ?"
Oui? Il m'en faut tellement pour me regarder dans la glace que je ne vois pas comment ça pourrait être différent pour quiconque.

"Détrompe-toi, Nat', détrompe-toi."
Tes yeux sont tellement pleins de colère.
Oh, Wallace, jusqu'à quel point on peut avoir tort? Jusqu'à quel point on peut laisser la peur nous faire refuser un cadeau comme celui que tu es en train de m'offrir?
Je peux voir tes doigts s'enfoncer dans tes jambes, tes mains broyer tes genoux. Je peux voir à quel point tout ça te fait mal, et pourtant tu continues. C'est vraiment ce que tu veux, Wallace?


Une pause. L'agonie. Puis:

"Ce que je voudrais... c'est toi."

Oh, Dieu.
Comme j'ai pu rêver que tu dises ça.


C'était trop. Une grosse larme glissa encore une fois sur sa joue, silencieusement, mais il ne les cligna pas. Il ne pouvait pas détourner son regard de Wallace, de son visage, de la courbe de son nez, de ses longs cils noirs, du plis de ses lèvres, du tendon qui saillait par moment de sa gorge sous l'effort de parler. Ce n'était plus un hymne que jouaient les fibres de son corps, c'était une prière. Et elle ne la chantaient pas, elles la hurlaient, comme un martyre  païen implorant son Dieu de disposer de lui comme était Sa volonté.

"Ce que je veux... c'est t'aider, Nat'. Que tu acceptes que sur cette foutue base, il y a quelqu'un qui t'aime et qui veux t'aider. C'est tout."

C'est tout? C'est tout? Oui, c'est tout: la totalité de ce je peux désirer, et plus encore.

Et malgré ça, en plus de tout ce qu'il lui offrait, le mutant lui laissait encore le choix.
Combien pouvait-on être bon? Combien pouvait-on être altruiste? Après tout ce que Nathan lui avait dit, après tout l’égoïsme dont il avait fait preuve, après toute cette mauvaise foi qu'il avait été obligé d'encaisser parce que le mec en face de lui était un tel foutoir?
Méritait-il tout ça?

Surement pas.

Wallace s'était tu sur cette dernière note tremblante.
Nathan avait du mal à rester debout. C'était comme si tout ce qu'il y avait en dessous de ses genoux s'était fait la malle.
Il lui fallut un moment pour rassembler la force de parler.
...quelqu'un qui t'aime...
Ses mains tremblaient comme celles d'un vieillard. Son cœur cognait dans sa poitrine, il pouvait le sentir battre dans son ventre, ses tempes, sa nuque... C'était assourdissant.
Même s'il avait voulu mentir, à ce point là, il en aurait été incapable. L'épée était tombée mais c'était un baiser qui avait atterri sur ses plaies béantes. Le bourreau avait abaissé son arme, mais c'était une caresse qui avait touché sa nuque.

"Je veux t'aider aussi." parvint-il à articuler "Avec tout ce que j'ai en moi, j'ai envie de t'aider. On pourrait ne pas y croire, avec tout ce que je viens de t'infliger, mais c'est vrai. Tellement vrai. La seule chose dont je sois sur depuis le début. Ce qui m'a poussé à faire ce que j'ai fait, à dire ce que j'ai dit."

Ça sortait plus facilement maintenant. Depuis combien de temps le gardait-il en lui? Depuis cette nuit dans la serre?
Il avait bien peur que non, que ça ne date de bien avant.

"Et je veux être aidé par toi." poursuivit-il, haussant le ton "Je suis déjà aidé par toi. Les choses que tu as faites pour moi, Wallace... je ne sais même pas si tu t'en rends compte. La confiance que tu as mise en moi, c'est ce qui m'a permis de tenir jusqu'ici. Quand je flanche, je pense à la force que tu mets dans tout ce que tu fais, à la détermination dont tu fais preuve et qui est tellement violente que parfois elle te met en danger. Tu m'as sauvé la vie. Tu m'as protégé. Je veux faire la même chose pour toi. Et en plus de ça..."

Il se mordit la lèvre.
" ... tout ce que je voudrais te faire, ici ou ailleurs, dans un lit, n'importe où ..."

"Il y a tellement de façons dont je te veux, Wallace. En tant qu'ami, en tant qu'allié, et en tant que... autre chose."

Il ne pouvait pas dire les mots. Devant ses yeux tremblaient des visions des choses dont il avait rêvé. Le creux de son cou, la base de sa nuque, sa bouche, ses mains, sa chaleur en lui... Il s’arrêta une seconde, serra les poings, les yeux baissés.

"Tout ce que tu as dit," reprit-il laborieusement, les tripes en feu " je le veux aussi. Tout, sans distinction. Mais je... je veux être sur que tu sais ce que je... Ce dont je suis capable, ce que je pourrais faire, te faire, comme ce soir. Ou même pire. Je ne suis pas le mec que tu penses, pas toujours. Parfois mes pouvoirs sont... dangereux, et des fois je... je ne tiens pas le coup, sur plein d'aspects. Je ne veux pas te faire du mal, je ne veux pas te laisser tomber, je veux avoir cette force, pour toi... mais il y a des... des choses que je ne contrôle pas encore. Et je sais que tu comprends ça."

Il leva les yeux, chercha ceux de Wallace, s'y fixa. Sa voix était réduite à un souffle alors qu'il demandait:

"Sachant ça, est-ce que tu es sur que... Avec tout ce que j'ai dit ce soir, en voyant le débris que je suis, que je peux être... tu me voudrais quand même?"
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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Ven 5 Sep - 20:34

Wallace n'osait pas relever les yeux. Ses doigts étaient blancs, douloureux, pliés à la limite de leur capacité sur des genoux qui n'en finissaient pas de crisser. C'était dit. C'était dit et il allait sans doute se faire rembarrer, comme pour la plupart des choses qu'il ait jamais tenté dans sa vie. Mais, au moins, ça, il ne le regretterait pas. Il ne se permettrait pas de le regretter.  Ces mots-là ne feraient pas partie des choses qu'il se reprochait le soir. Le mutant était presque fier de les avoir dits. Il savait ce que ça allait lui coûter -sa relation avec quelqu'un qu'il considérait tellement plus qu'un ami, et sans doute ce qui restait d'équilibre mental-, mais au moins il l'avait dit. Et on ne pourrait jamais lui reprocher.
L'intention initiale, les raisons pour lesquelles il avait osé le dire, en revanche, grattaient insidieusement sous son crâne comme une légion de fourmis.
Aucun de ses propos n'étaient faux, en substance, mais il espérait que Nathan ne se rendrait jamais compte que ce qu'il avait décrit comme ce qu'il voulait était en réalité ce dont il avait besoin. Profondément, uniquement besoin. Et c'était égoïste, et il le savait.

Ce que je veux, c'est toi, parce que j'ai besoin de toi. Parce que j'ai besoin que tu m'aides aussi.

Il ne savait plus quoi penser, et en cet instant précis il s'était décidé qu'il ne penserait plus jusqu'à ce que Nathan lui réponde. Que le sorcier dise enfin ce qu'il pensait. Oui, j'ai envie que ça fonctionne, oui, moi aussi, j'ai des pensées tout sauf catholiques lorsque je lève les yeux sur toi, oui j'ai besoin de toi. Ou oui, aucun de nous ne peux s'engager dans cette voie maintenant, mais peut-être, plus tard, lorsque tout sera fini...
Ou même non, je ne peux pas, non je ne suis pas intéressé par toi comme ça, désolé. Même ça, il pourrait le supporter. La vie de tous les jours deviendrait une torture ; à chaque fois qu'il le verrait, il se souviendrait qu'il ne pouvait pas se permettre toutes les pensées qui lui défilaient dans le cloaque qu'il appelait son cerveau. Mais au moins, il serait fixé. Il pourrait avancer, avec de la chance.
Mais par l'Univers et toutes les divinités qu'il contenait, qu'il réponde !

Et, comme par miracle, la réponse vint.

"Je veux t'aider aussi. Avec tout ce que j'ai en moi, j'ai envie de t'aider."

Wallace releva des paupières embuées d'angoisse. Il devait avoir mal entendu. Et pourtant... pourtant il le disait. Même, il continuait ! Le sorcier parlait de ce qu'il lui avait infligé, il balayait ses paroles passées avec un visage si empreint de soulagement que Wallace se demanda si il n'était pas en train de rêver. Mais ses doigts lui faisaient trop mal pour que la scène se passe dans l'un des rêves qui le faisaient se réveiller en sueur, le cœur prit dans une machine à laver, et désespérément dur, plus bas.
Après toute cette attente, cette envie collée au creux de son estomac comparable à de la poix en fusion, il était désorienté. Il s'était attendu à ce que Nathan lui dise non, et maintenant l'impression la plus présente de ses pensées était qu'il ne méritait pas ces paroles.

"Quand je flanche, je pense à la force que tu mets dans tout ce que tu fais, à la détermination dont tu fais preuve et qui est tellement violente que parfois elle te met en danger."

C'est seulement parce que je ne me rends plus compte de rien. Je suis mort quoi, trois, quatre fois ? La douleur a encore de l'emprise sur moi, mais d'ici que je meure et revienne encore vingt fois, quels changements se seront produits ? Est-ce que la nourriture aura encore du goût ? Est-ce que je pourrais encore apprécier le simple fait d'être éveillé, alors que je sais que si je crève, il y aura toujours un retour possible ? Mais toi... Si tu meurs, c'est différent. Bien entendu que je t'ai protégé, que je me met en danger chaque fois que je peux. Je ne suis jamais en danger, pas vraiment.

"Il y a tellement de façons dont je te veux, Wallace. En tant qu'ami, en tant qu'allié, et en tant que... autre chose."

La pensée de Wallace rata une marche mentale, et il se sentit soudainement comme au réveil de l'un de ses rêves. Il le voulait. Lui. Nathan le voulait, et il était sérieux. Le mutant n'osait pas se lever, ses habits étaient trop serrés, beaucoup trop serrés, et il allait voir. Et tout amoureux transi qu'il soit, Wallace avait encore  honte. Il savait ce dont il avait envie, et Nathan en avait de toute évidence envie aussi, mais il n'était pas sûr de savoir exactement comment faire ça... correctement.

"Mais je..."

Une seconde. Il y avait un mais. Il bandait comme un con à l'intérieur de son jean, et il y avait un mais.

"Je veux être sur que tu sais ce que je... Ce dont je suis capable, ce que je pourrais faire, te faire, comme ce soir. Ou même pire. Je ne suis pas le mec que tu penses, pas toujours. Parfois mes pouvoirs sont... dangereux, et des fois je... je ne tiens pas le coup, sur plein d'aspects. "

Parce que les miens se comportent vraiment des amours, les petits choupinets. Je serais plus inquiet sur ce que eux pourraient te faire, et pourtant tu as l'air tellement effrayé quand tu dis ça.

"Il y a des... des choses que je ne contrôle pas encore."

Et moi donc. On va y arriver. On va contrôler toute cette merde, je sais qu'on va y arriver.

Les yeux de Nathan rencontrèrent les siens, et le mutant pouvait y voir tout le doute du monde s'y refléter tandis qu'il parlait d'une voix à la limite de l'audible :

"Sachant ça, est-ce que tu es sûr que... Avec tout ce que j'ai dit ce soir, en voyant le débris que je suis, que je peux être... tu me voudrais quand même?"

Wallace usa de tout son restant de volonté pour se mettre debout, les genoux aussi ténus que des flammes de bougies, et tout aussi vacillants. Il se sentait extraordinairement faible et léger en s'approchant du jeune homme, un brasier allumé dans l'estomac alors qu'il passait les doigts dans les cheveux de Nathan, qu'il plaçait doucement les mains derrière sa nuque et approchait son visage du sien.

"Ça te va, comme réponse ?" bredouilla-t-il en tremblant.

Ses lèvres ne laissèrent pas l'occasion à Nathan d'ajouter quoi que ce soit.
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Sam 6 Sep - 2:41

[ATTENTION: Contenu Sexuel]


Nathan n'eut même pas le temps de se demander ce qui allait se passer, car il vit Wallace se lever et franchir en quelque pas la distance qui les séparait. Et en un instant, les doigts du mutant étaient déjà dans ses cheveux, glissant doucement pour aller se nicher sur sa nuque, et son visage était suspendu à quelques centimètres du sien. Il pouvait sentir la chaleur qui émanait de son corps.

"Ça te va comme réponse?" murmura-t-il, et il put sentir son souffle caresser sa bouche.

Mais tu n'as pas répond...

Et dans la seconde, avant même qu'il n'ait pu terminer sa pensée, les lèvres brûlantes de Wallace étaient contre les siennes.
Nathan ferma les yeux qu'il avait ouverts grand sous l'effet de la surprise.

Enfin. Enfin.

Ses mains cherchèrent à tâtons les bras de Wallace et, quand il les eut trouvés, il les caressa doucement, massant ses muscles, remontant lentement vers ses épaules.
Leurs poitrines se frôlaient, et ses cheveux lui chatouillaient les paupières. Les lèvres du mutant étaient chaudes et sèches contre les siennes. Une brume floue envahit son cerveau.
Une de ses mains descendit dans le dos de Wallace et alla se coincer dans le creux de ses reins. Il le tira contre lui, et entendit le mutant gémir contre ses lèvres. Ce gémissement rebondit dans son crane, faisant monter la température de son corps.
Dans son soupir, Wallace entrouvrit la bouche, et Nathan n'hésita pas une seconde avant d’accepter cette invitation. Quand il sentit sa langue contre la sienne, le sorcier put sentir voler en éclats ce qui lui restait de contrôle. A partir de là, ses gestes prirent une tournure bien moins chaste. Nathan serra sa prise, attirant violemment Wallace contre lui. Leurs poitrines se rencontrèrent brutalement. Un autre gémissement, plus tendu, vint s'étouffer dans la bouche du sorcier. Celui-là alla se ficher directement entre ses jambes.
Il se jeta dans le baiser avec férocité, ses lèvres écrasant celles de Wallace, sa main droite pressant le dos du mutant, tandis que l'autre se frayait un chemin vers son visage et saisissait le coté de sa tête, la tenant fermement pour pouvoir l'embrasser aussi profondément qu'il le pouvait.
Wallace suivait fiévreusement son rythme, sa langue peu timide tandis qu'elle luttait vaillamment avec la sienne. Les mains du mutant glissèrent de plus en plus loin de son cou, épousant la courbe de son dos, poursuivant leur exploration plus bas encore. Quand elles se posèrent sur ses fesses, Nathan ne put retenir un grondement vorace.

Wallace était plus grand que lui, mais Nat' était costaud. Il saisit les hanches du mutant et le retourna sans trop de délicatesse pour le presser contre la table en acajou. Les rapports de Peter tombèrent au sol, mais Nathan n'en avait rien à foutre. Il saisit la lèvre inférieure de Wallace entre ses dents, suça, mordit. Il était famélique, de ça, de contact, de l'odeur de Wallace qui enveloppait tout son visage, du gout de sa bouche sur sa langue. Ses mains s'affairèrent avec le bas du t-shirt : il lui fallait plus de peau. Ses doigts glissèrent sous le tissus et s’approprièrent la surface douce et chaude qu'il cachait, couvrant le dos du mutant de caresses pas vraiment délicates.
Sa bouche avide reprit à dévorer celle de Wallace. Il sentait la poitrine de celui-ci palpiter, écrasée par la sienne. Les battements fébriles de son cœur se réverbéraient dans sa propre cage thoracique.

Il avait chaud. Et pas seulement dans la région du visage. En ce moment, Wallace devait sentir contre lui tout l'effet qu'il lui faisait. Nathan affermit sa prise sur ses hanches le tira encore plus contre lui, pressant son bassin contre le sien. Il avait un besoin désespéré de friction. Trop de vêtements entre eux, toutes ces épaisseurs étaient une torture. Surtout qu'il pouvait sentir en travers de son jeans que Wallace était dans le même état que lui. Cette sensation arracha un gémissement au sorcier. Il ne pouvait pas s’empêcher de rouler lentement des hanches pour créer un peu de frottement, avide, affamé de sensations, ses mains pétrissant les hanches du mutant, ses doigts s'enfonçant dans sa peau et sous la taille de son jean.
Ça faisait si longtemps qu'il ne ressentait pas un corps chaud contre le sien, et là, c'était Wallace qu'il tenait pressé contre la table, Wallace qui laissait échapper des petits gémissements plaintifs contre sa bouche, Wallace qui avait refermé ses mains sur ses fesses et qui le tirait encore plus vers lui, accompagnant avec moins en moins de retenue le roulement de ses hanches...
Il était à présent tellement dur que c'en était presque douloureux. Enserrée dans son jean, écrasée entre leurs deux corps, son érection pulsait, chaque poussée augmentant la sensation de pression familière qui avait saisi son bas ventre. S'il continuait comme ça, Nathan allait probablement jouir dans son pantalon comme s'il avait eu quatorze ans. En entendant la respiration brisée de Wallace, il se rendit compte que la question devait être encore plus pressante pour le mutant. L'idée de l'expression de Wallace et des bruits qu'il ferait en jouissant manqua de le faire basculer au delà du point de non retour.

Il faut que je me calme.

Nathan avait besoin de plus. Il avait besoin qu'on le prenne dans ses doigts, qu'on le laisse couvrir la totalité de ce corps de baisers et de morsures, qu'on le laisse enfin refermer ses lèvres autour d'une bite tandis qu'il se touchait... Il avait tellement envie que Wallace jouisse pour la première fois sur les doigts, dans la bouche de quelqu'un, et que ce quelqu'un soit lui.
Et par dessus tout, il voulait que ça se fasse comme le mutant le voulait.

Il interrompit le baiser, arrachant avec difficulté sa bouche de celle de Wallace. Celui-ci émit un grognement qu'il interpréta comme de la frustration. Nathan enfouit son visage dans son cou, sans se reculer, s'obligeant à respirer. Il entendait que Wallace aussi essayait sans grand succès de reprendre haleine. Ses mains quittèrent la peau brûlante de la courbe délicieuse du dos du mutant, et vinrent se reposer plus chastement sur ses épaules. Il murmura doucement, reprenant son souffle :

« Wallace, il faut qu'on ralentisse. Je ne veux pas te brusquer et là, je te jure que je suis vraiment en train de m'emballer. »
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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Dim 7 Sep - 11:50

Lorsque Wallace avait entrouvert la bouche en gémissant, le visage déjà en feux et plus rouge qu'il ne l'avait jamais été, il ne s'attendait pas à deux choses. La première, malgré une certaine mise en garde du sorcier, que celui-ci soit aussi brutal avec lui. Il avait été surpris de la violence passionnée que Nathan mettait à lui arracher un gémissent de plaisir, sa langue contre la sienne et les deux mains pour le presser contre lui, l'empêcher de trop bouger. Certains baisers étaient tout sauf tendres, et pourtant parfaitement en relation avec la seconde choses à laquelle Wallace ne s'attendait pas.
Il ne s'attendait pas à aimer autant ça. Et il n'était pas au bout de ses surprises.

Ses mains descendirent par paliers, caressant le cou, le dos puis le creux des reins, et Wallace se rendait compte un peu plus chaque fois qu'il descendait combien les vêtements étaient une gêne, combien il voulait être pressé contre sa peau sans barrière. Mais pour l'instant, il s'en contenterait. Nathan avançait déjà à un rythme qu'il avait du mal à suivre, et le mutant voulait profiter.
La chaleur de son visage augmenta encore d'un cran lorsque ses mains se refermèrent sur les fesses de son compagnon et qu'il attira doucement son bassin un peu plus près du sien. La demande était timide, mais Nathan y répondit sans attendre en le plaquant contre la table, reversant quelques dossiers qui traînaient. Wallace se sentait écrasé, incapable de réagir autrement qu'en suivant les lèvres dévorantes du jeune homme, avec une seule envie en tête : le laisser lui faire ce qu'il voulait, tout ce qu'il voulait.

Ce n'était pas la première fois qu'on l'embrassait, mais c'était la première fois qu'on le désirait, que quelqu'un avait envie de lui à ce point. Ses pensées étaient au mieux erratiques, son érection douloureuse depuis qu'il avait senti des mains chaude s'insinuer sous son t-shirt.
Et c'était avant que Nathan ne se décide à coller son bassin au sien. En le sentant aussi près, sans rien d'autre que quelques couches de tissu entre leurs deux ventres, Wallace crut qu'il n'allait jamais pouvoir se retenir. Il y eut une légère contraction entre ses jambes, suivie d'une montée de chaleur qui lui arracha un nouveau gémissement de plaisir.

Nathan, par pitié, calmes-toi une seconde, je vais pas pouvoir me contrôler encore longtemps...

Pourtant, lorsque le sorcier accéléra encore le roulement de ses hanches, se contrôler devint plus simple. Wallace enfonça les mains un peu plus profondément dans les coutures du jean qui enserrait les fesses de Nathan, l'attirant un peu plus contre lui. Il n'y a pas si longtemps, il aurait eu honte des sons étouffés qu'il poussait à chaque passage de son sexe contre le sien, au travers du tissu. En cet instant, il s'en foutait. Il en voulait plus. Il voulait que Nathan sache tout l'effet qu'il lui faisait, qu'il en profite autant que lui s'y perdait, la tête embrumée et le sang qui lui battait sourdement au tempes.
L'idée lui vint qu'il avait envie de lui montrer à quel point il aimait ça, en le touchant, en glissant ses mains plus avant, sous la couche de tissu, pour le sentir entre ses doigts.

Ses mains avaient enfin réussi à se décrocher du jean, jointures blanches sous l'effort, et cherchaient un moyen de se diriger vers le bas-ventre de Nathan, lorsque celui-ci mit douloureusement fin au baiser. Wallace lâcha un petit gémissement, mélange d'incompréhension et de frustration. Il avait besoin du contact de ses lèvres, de sa langue, il ne voulait pas arrêter ça maintenant. Et puis il se rendit compte que la respiration frénétique qu'il entendait depuis quelques secondes n'était pas celle de Nathan, c'était la sienne. Il tenta d'en profiter pour reprendre son souffle, sans grand succès. Les mains du sorcier quittèrent ses hanches, son dos, pour se poser avec douceur sur ses épaules. Il entendit Nathan murmurer :

"Wallace, il faut qu'on ralentisse. Je ne veux pas te brusquer et là, je te jure que je suis vraiment en train de m'emballer."

Wallace voulait lui répondre qu'il pouvait continuer, qu'être brusqué, de toute évidence il aimait ça. Qu'il voulait qu'il s'emballe. Qu'il le touche, qu'il le suce, qu'il demande à Wallace de le prendre entre ses mains, entre ses lèvres, qu'il lui montre ce dont il avait envie et à quel point il en avait besoin. Et puis, entre deux respirations saccadées, il songea à ce que Nathan lui avait dit. Qu'il avait peur de partir trop loin, de perdre le contrôle. Ses mains se refermèrent de nouveau sur la nuque du sorcier.
Pendant de longues secondes, le mutant se contenta de hocher la tête avant de le couvrir doucement de baisers, sur le visage, sur les lèvres, dans le cou...

Lorsqu'il recula son visage du sien, il se demanda si Nathan n'allait rire devant la couleur de ses joues, plus rouges encore qu'au début. Ses yeux se détournèrent un instant tandis qu'il se mordillait la lèvre supérieure, nerveux. Lorsqu'il prit la parole, son érection douloureuse contre la paroi du jean, sa voix tremblait.

"Je... Pour l'instant, l-le rythme me va. Mais si... si tu veux avoir le temps de te calmer un peu, je pourrais... je voudrais..."

Sa main droite partit lentement de la nuque de Nathan pour venir se poser à la frontière entre le t-shirt du sorcier et son jean. Wallace prit une grande inspiration, et regarda Nathan dans les yeux.

"Je... je peux... ?"


Dernière édition par Wallace Plumtree le Sam 15 Nov - 10:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Jeu 18 Sep - 10:47

Les cheveux courts de Wallace étaient doux contre sa joue, et son corps brûlait encore contre le sien. Nathan ferma les yeux, inspirant aussi lentement qu'il le pouvait.
Quand Wallace l'avait embrassé, il avait tout oublié d'un coup: les événements de la journée, ses craintes, tout ce dont ils venaient de discuter... Son corps avait pris le dessus, s'abandonnant à ses vieux réflexes. Il en avait tellement, tellement besoin, et ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas senti ce genre de sensations. Tellement longtemps, aussi, qu'il pensait à Wallace, regardait Wallace, désirait Wallace. Il n'avait mesuré l'ampleur de ce désir qu'à l'instant où il l'avait embrassé, encore, comme sous la serre, et qu'il n'avait pas pu se retenir de faire de ce baiser quelque chose de plus. Il avait goûté chaque sensation comme un alcoolique les gorgées de son premier verre après un sevrage.

Mais il fallait qu'il se calme. Pour ce qu'il en savait, c'était la première fois que Wallace allait si loin, en matière de contact. Il ne voulait pas transformer cette expérience en un souvenir flou et gênant où tout s'était passé en quelques minutes dans une position inconfortable et où le mec en face avait tout fait à sa place. Le souvenir de sa propre première fois avec un garçon était quelque chose que Nathan chérissait encore. Il voulait que ça soit pareil pour Wallace. Il voulait qu'il en profite, qu'il ait le temps d'apprécier chaque étape, s'étonnant comme lui l'avait fait de à quel point chacune pouvait être meilleure que la précédente.
Et pour ça, il ne pouvait pas vraiment se comporter comme il l'aurait fait avec n'importe quel mec dans les toilettes crades d'une boite de nuit.

Il sentit le mutant acquiescer lentement, le souffle encore court. Des lèvres chaudes se posèrent contre la base de sa mâchoire, et Nathan ferma les yeux avec un soupir, tendant sa gorge à Wallace, caressant lentement ses épaules. C'était si agréable, pensa-t-il tandis que le mutant poursuivait son exploration, posant un baiser sur le coin de sa bouche. Peut-être même plus que tout le reste.
Les lèvres du mutant tracèrent sur son visage un sentier fait d'effleurements légers et de haltes douces. Nathan frissonna quand sa bouche s’arrêta à la base de son oreille, pile à cet endroit si sensible dans le creux formé par son lobe et son crane.
Il ne rouvrit les yeux que quand Wallace écarta son visage du sien. Les joues du mutant étaient marbrées de rose et ses lèvres rouges, marquées par l'empreinte farouche des siennes. Cette vision rappela immédiatement son entrejambe à sa conscience.

J'ai envie de tout donner à ce mec.

Hypnotisé par la façon dont le coin de la lèvre supérieure de Wallace venait de disparaître un instant derrière un éclat de dents blanches pour réapparaître toute rouge et humide devant ses yeux, il faillit rater le sens des paroles de Wallace.

"Je... Pour l'instant, l-le rythme me va. Mais si... si tu veux avoir le temps de te calmer un peu, je pourrais... je voudrais..."

La première phrase rassura Nathan. La deuxième le rendit perplexe.
Ça devint soudain très très clair quand il sentit des doigts timides effleurer le haut de son jeans.

"Je... je peux...?"

Oh, putain.

Les doigts hésitaient, attendant une permission. Il pouvait les sentir suspendus au dessus de la peau tendre sous son nombril. L'idée de ses main qui s'engouffraient sous les coutures, se glissaient sous l’élastique de son boxer, déboutonnaient sa braguette et le touchaient se présentèrent confusément dans son esprit et en une seconde, il était plus dur qu'il ne se souvenait l'avoir jamais été. Il bredouilla confusément, sa respiration se prenant dans sa gorge et la température de son visage dépassant ce qui devait être le seuil de l'ébullition.
Les yeux de Wallace étaient fixés sur les siens en un mélange d'attente et d'appréhension. Il pensa qu'il pourrait jouir dans ces mains, avec ces yeux plantés dans les siens, et sa bite manifesta son approbation avec enthousiasme en se contractant de façon fantasque et douloureuse.

Putain de merde.

"Oui, enfin non, je, Wallace..." balbutia-t-il en s'écartant le plus possible de son visage, en essayant de toutes ses forces de ne pas regarder ces lèvres entrouvertes et empourprées "je ne crois pas que... que ça m'aiderait à calmer quoi que ce soit. Au contraire."

Il déglutit.

"Je voulais dire qu'on pouvait... que tu voulais peut-être y aller par étapes, ou faire ça dans un endroit plus confortable..."

Il maudit son bassin qui se tendait inexorablement vers sa main, trahissant complètement ses mots bien intentionnés.

Tu parles du mec expérimenté...

"Je veux dire... c'est toi qui vois, je..."

...je ferais littéralement n'importe quoi si tu me le demandais. Y compris me faire branler dans cette bibliothèque, contre cette table. Et j'aimerais ça, putain, oui, j'aimerai que tu regardes ce que ça fait d'avoir un autre mec qui perd complètement les pédales entre tes mains. Parce que c'est ce qui risque d'arriver si tu te mets à me toucher.

"Je ne veux pas que tu te sentes obligé de faire quoi que ce soit là tout de suite, voilà."
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Lun 17 Nov - 23:41

En entendant la réaction de Nathan, Wallace se maudit une seconde, lui et son manque d'expérience. Bien entendu qu'il voulait dire ça, andouille ! Malgré tout, le mutant avait désespérément envie de le toucher, le sentir entre ses doigts... Et s'il faisait ça, tout ce moment serait fini dans la minute, peut-être littéralement. Et il avait aussi désespérément envie que ça dure.
Avec un peu de regret, sa main droite s'écarta de l'entrejambe de Nathan pour se poser dans le creux de son dos et l'attirer un peu plus vers lui, tandis que la gauche claquait des doigts en direction de la lourde porte à double battants. Un large cadenas de métal doublé de chaînes apparut pour en enserrer les poignées, et empêcher quiconque d'en franchir le seuil. Un petit sourire gêné se profila aux coins de sa bouche tandis qu'il relevait les yeux vers Nathan.

"Je ne me sens obligé de rien, Nat'. J'en ai envie, c'est tout. Mais t'as raison. Et vu que maintenant personne ne devrait pouvoir débarquer pour te proposer un café, autant..."

Il l'embrassa avec douceur, du bout des lèvres, en caressant de sa main libre la joue puis la nuque de Nathan, l'autre se chargeant d'apprécier les formes de ses fesses, à présent qu'elle était passée du dos de son compagnon au dessous de son jean.

"... prendre notre temps." termina-t-il, un petit sourire aux lèvres alors qu'il raffermissait la prise de ses doigts.

Nathan poussa un gémissement étouffé, qui acheva de lui faire monter une bouffée de chaleur dans tout le corps. Merde, qu'est-ce qu'il aimait ça. L'entendre faire des sons tout sauf décents, seuls dans une bibliothèque silencieuse, et avec la main sur son cul.
Wallace n'avait pas détourné son regard de celui du sorcier pendant qu'il parlait, et maintenant qu'ils pouvaient y aller tranquillement sans risquer d'être dérangés, il n'avait plus aucune raison de le faire.
Le mutant pouvait sentir le stress de ces derniers jours disparaître alors qu'il se laissait aller à explorer les moindres recoins du corps de son compagnon, vêtements inclus pour l'instant. Il ne ressentait plus la gêne qui l'avait toujours habité chaque fois qu'il levait les yeux vers lui parce qu'il n'était pas sûr que ses remarques, ses gestes, allaient être bien interprétés et acceptés. Bien sûr demain, et après-demain seraient différents. Peut-être que ce qu'ils vivaient là ne tiendrait pas la route dans la longueur. Mais dans le cas présent, il s'en foutait, ne voulait pas penser à ça.

Il préférait penser à la peau qu'il avait sous les doigts, aux fesses fermes et musclées qu'il tripotait allègrement, à la bouche qu'il couvrait de baisers lents pour en goûter chaque parcelle, à l'érection qu'il avait envie de sentir entre ses doigts et, peut-être ensuite, dans sa bouche.

Sa main gauche descendit délicatement de la nuque de Nathan pour parcourir ses épaules, son dos et le creux de ses reins. En chemin, elle s'attarda sur les muscles douloureux du jeune homme, pour les masser, les caresser au travers de ses habits malgré toute la distance que cela signifiait entre elle et le corps dont elle recherchait le contact avec une envie qui se transformait en besoin. Il avait besoin  de le sentir contre lui, sans tout ce tissu frustrant entre eux. Une fois arrivée à la frontière entre son hoodie et son jean, la main du mutant passa sous la barrière de la veste et remonta, un peu plus brutalement qu'elle ne l'aurait voulue, vers la manche droite de Nathan, juste au niveau de l'épaule.

Wallace tira doucement sur cette dernière pour tenter de la faire descendre, en poussant un gémissement frustré mêlé d'anticipation. Il regardait toujours Nathan dans les yeux, quand les siens n'étaient pas fermés de plaisir sous les caresses, les baisers et les morsures grisantes de son compagnon, et se laissait aller sous la pression d'un corps qu'il désirait contre lui depuis tellement de temps.
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 18 Nov - 21:54

Les doigts de Wallace caressèrent légèrement la hanche de Nathan en s'éloignant de son entrejambe, un frôlement léger qui le fit frissonner . Il fit de son mieux pour chasser la pointe d'angoisse qui se formait dans ses entrailles. Lui avait-il fait peur ? Avait-il pris ses précautions pour un refus ?
Puis, quand il sentit ces mêmes doigts s'approprier une prise solide sur son dos, le pic froid fondit aussi vite qu'il était apparu, vaincu par cette pression chaude qui le poussait encore plus près du mutant. Du coin de l'oeil, il vit apparaître le cadenas avec lequel Wallace venait de sceller la porte de la bibliothèque. Ses cheveux se dressèrent sur sa nuque, et ce n'étais pas seulement a cause de la vague de pouvoir qui venait de rouler sur sa peau.
Bon, sang Wallace était tellement près, et il avait levé ses yeux gris vers les siens, une petite tempête pour chaque iris, leur couleur insolite mise en relief par le rouge de ses joues et le noir absolu de ses cils. Il y avait un sourire timide sur ses lèvres mais Nathan, en travers de la gêne, semblait y déceler une nuance... espiègle. Il déglutit. La tournure que prenaient les choses lui plaisait. Elle lui plaisait même beaucoup. A l'idée que Wallace venait de les enfermer ensemble, dans cette pièce, et qu'il n'avait apparemment pas l'intention d'en sortir tant que quelque chose ne se serait passé, il dut retenir le gémissement qui menaçait de se faufiler entre ses dents.

Il le veut vraiment. Il me veut vraiment.

"Je ne me sens obligé de rien, Nat'." l'entendit-il dire doucement, un écho troublant à ses pensées "J'en ai envie, c'est tout. Mais t'as raison. Et vu que maintenant personne ne devrait pouvoir débarquer pour te proposer un café..."

Ok, oui, définitivement, ça lui plaisait. Il le voulait et il allait l'avoir et il allaient faire ça maintenant.
Wallace l'embrassa, doucement, et Nathan ne put que se laisser faire, abandonnant ses lèvres à celles du mutant. Une main glissa de son visage jusqu'à sa nuque, et il caressa lentement les hanches de Wallace, décrivant distraitement des cercles avec ses pouces dans le tissus de son t-shirt, se concentrant sur la pression de ses lèvres contre les siennes. Des doigts se faufilèrent sous la taille de son jeans, et il frissonna, profitant d'une interruption dans le baiser pour prendre son souffle un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait souhaité. Il se retint de mordre sa lèvre, car bon sang, les yeux de Wallace étaient de nouveau là, et il n'en avait décidément pas fini avec lui.

"... autant prendre notre temps." termina le mutant, son sourire définitivement pas si innocent encore sur les lèvres.

La main chaude de Wallace serra la prise sur son cul, et tout ce que Nathan réussit à émettre fut une sorte de gargouillement étranglé, carrément obscène, définitivement embarrassant. Le mutant ne l'avait pas quitté des yeux, et le sorcier sentit ses joues brûler. Cette fois, ne pouvant s'en empêcher,  il pinça sa lèvre inférieure entre ses dents pour coincer dans sa gorge un autre gémissement semblable au précédent, tandis que la main continuait de malaxer ses fesses, un peu trop fort, juste comme il l'aimait.
Il se demanda si Wallace avait été surpris par ce couinement lascif ou si, même si Nathan avait du mal à le croire, il avait pu anticiper son... penchant pour ce genre de caresse. A en juger par la lueur presque avide dans son regard, le mutant semblait tout sauf ignare de l'effet qu'il était en train de produire. Cette idée mit le feu à tous les nerfs de son corps. Ces yeux allaient le rendre fou.
Nathan la ressentit monter en lui, cette excitation massive qui l'avait fait se jeter sur le mutant, affamé, presque désespéré, quelques instants plus tôt. La main de Wallace qui n'était pas en train de masser son cul lui pétrissait les muscles du dos en travers de son t-shirt, faisant fondre la tension qui les raidissait, et sa langue avait repris à jouer avec la sienne, lentement, profondément. Le sorcier serra la prise sur les hanches du mutant et se laissa entraîner dans ce jeu qu'il connaissait si bien. Avec ses dents, sa langue, il s'évertua à prendre possession de chaque parcelle de la bouche chaude ouverte contre la sienne. Humide, langoureux, ce baiser finit de faire tomber ses barrières. Wallace savait ce qu'il voulait, et Nathan allait lui donner.

Par conséquent, quand il sentit une traction sur la manche de son sweat, et qu'il entendit le gémissement plaintif de Wallace, il fut plusqu'heureux d'exaucer le vœu du mutant. Il s'écarta un peu et saisit les pans du pull à capuche, qui tomba de ses épaules, expédié au sol en deux trois mouvements rapides. Une épaisseur de moins entre les mains de Wallace et sa peau. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
Tout à l'heure, avait senti les gestes de Wallace se faire plus frénétiques, ses caresses plus avides. Il avait besoin de toucher. Il avait besoin d’être touché.  A cette pensée, son excitation rugit comme une forge dont on aurait actionné le soufflet. Il se saisit des mains du mutant qui, arrachées à leur tache, étaient encore suspendues en l'air, et les guida avec douceur vers le bas de son t-shirt encore un peu humide. Il accompagna son geste, aidant Wallace à faire passer le vêtement au dessus de sa tête, et bientôt celui-ci alla rejoindre son camarade au sol.
Il était torse nu, à présent, ses quelques tatouages et cicatrices exposés aux yeux de Wallace. Il marqua une pause, s'humecta les lèvres. Son érection était très clairement visible maintenant qu'il n'y avait rien pour cacher le haut de son jeans. Il pouvait sentir les yeux du mutant sur son corps. C'était bon, et un peu effrayant aussi.
Il intercepta ce regard -ces yeux trop gris- et attira Wallace dans un baiser où il y avait plus de dents que de lèvres, mais qu'il maintint aussi doux qu'il le pouvait. Il reprit les mains de Wallace, entrelaça ses doigts avec les siens, et les posa sur sa peau nue, pour qu'il l'explore à son gré. Ce contact lança un grand frisson le long de sa colonne vertébrale, et il pressa à nouveau son bassin contre le sien. Il tressaillit presque tant la sensation était intense.
Ses lèvres quittèrent la bouche de Wallace et se posèrent sur son cou. Il l'embrassa, doucement d'abord, à peine une caresse contre la jugulaire qui pulsait frénétiquement. Puis, progressivement, il ajouta un peu de pression, jusqu'à frôler de ses dents cette peau blanche et salée, à la mordiller délicatement. Il ne voulait pas laisser de marques cette surface si fragile, même si la tentation de saisir entre ses lèvres le tendon qui saillait contre son menton et de sucer jusqu'à ce que Wallace ne puisse s’empêcher de crier était très, vraiment très forte.
Au lieu de ça, il remonta lentement vers le haut de la mâchoire du mutant, imprimant un baiser à chaque halte, grondant de satisfaction quand un gémissement tendu venait résonner dans son crane. Arrivé à la hauteur de son oreille, il prit le lobe entre ses lèvres et le mordilla. Sa main s'était glissée sous le t-shirt du mutant et remontait lentement sur sa poitrine. Il pouvait sentir la respiration de Wallace se briser, son corps se raidir contre le sien, ses ongles s'enfoncer dans sa peau nue.

« Si il y a quoi que ce soit qui ne te plaît pas, dis moi d’arrêter, ok ? » murmura-t-il au creux de son oreille « Je suis sérieux. Si ça va trop vite, dis moi juste stop. »

Ses doigts se refermèrent sur un téton délicieusement rigide, qu'il saisit entre son pouce et son index. Il se passa la langue sur les lèvres. Sa voix tremblait un peu, d’excitation ou de cette vague crainte de tout faire foirer qui pesait toujours sur lui, peut-être. Il s'en foutait. Il pinça délicatement la petite perle de chair, la faisant rouler entre ses doigts.

« Là, j'ai envie d'enlever ton t-shirt, » poursuivit-il «  ça te va ? ».
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Jeu 19 Fév - 11:34

Lorsque le t-shirt de Nathan se désengagea enfin de son propriétaire, Wallace eut pendant un instant l'envie obscène, dévorante de se coller contre le torse de son compagnon et de s'y noyer, de le sentir, de le goûter. Quelque chose le retint. Il ne savait pas comment ce genre de réaction de sa part allait être perçu, surtout pour quelqu'un de bien plus expérimenté que lui. Il avait aussi envie de prendre son temps, de faire les choses bien, sans écouter le besoin qui lui tordait le ventre.
Plus simplement, c'était sa première fois, et il n'avait pas toujours l'instinct pour savoir quoi faire et quand le faire. Il se contenta donc de goûter de loin la partie dénudée du corps de Nathan, en s'attardant du regard sur les tatouages et les cicatrices qui le marquaient. Un instant, ses yeux descendirent plus bas, et il se surprit à jeter un regard gourmand à l'érection maintenant très visible au travers du jean.
En relevant la tête, Wallace croisa le regard du jeune homme, lequel l'embrassa une nouvelle fois, un tout petit peu trop fort. N'importe, songea-t-il en fermant les yeux, il aimait ça, il aimait beaucoup trop ça pour s'en préoccuper. Guidées par celles du sorcier, ses mains se refermèrent sur la peau nue de son dos, et il put le sentir frissonner, parcouru d'une envie qu'il ne tarda pas à concrétiser en se serrant de nouveau contre lui, bassin contre bassin.
Le mutant déglutit. Il pouvait de nouveau sentir le contact de leurs deux érections, et ne pas se remettre à rouler des hanches pour se satisfaire là, tout de suite, lui demanda un contrôle dont il ne se serait pas cru capable, et qu'il regrettait un peu.
Les baisers du jeune homme quittèrent doucement sa bouche pour se poser sur son cou, en remontant avec lenteur vers le haut de sa gorge, vers sa mâchoire, vers son oreille...

Ce truc est une putain de torture. Si il décélère encore, je...

Ses pensées stoppèrent net. La bouche de Nathan venait d'atteindre son lobe droit, et entreprenait maintenant de le sucer, de le mordiller avec une lenteur obsédante. Dans le même temps, la main de son compagnon s'était glissée sous son propre t-shirt, et il la sentait parcourir sa peau avec la même douceur.

Il le fait exprès.

Par hasard ou par calcul la main effleura un téton, et dans la seconde Wallace se crispa, perdit son souffle, tout son corps tendu autour de celui de Nathan. Une vague étincelle de culpabilité espéra du fond de son esprit ne pas lui avoir fait trop mal, tant les doigts qui s'étaient refermés sur le dos du sorcier s'y enfonçaient jusqu'aux ongles.
Le reste de son corps s'efforçait de rester à l'écart du point de non-retour. Merde. Est-ce qu'il l'avait vraiment fait exprès, est-ce qu'il se rendait vraiment compte qu'il lui était possible de lui faire définitivement souiller ses sous-vêtements s'il donnait seulement, seulement un tout petit mouvement de hanches ?
Wallace tenta de parler, de gargouiller un vague "Nath'... A-att..." qui se perdit entre deux gémissements, deux respirations saccadées.

« Si il y a quoi que ce soit qui ne te plaît pas, dis moi d’arrêter, ok ? » murmura le jeune homme au creux de son oreille « Je suis sérieux. Si ça va trop vite, dis moi juste stop. »

Le mutant reprit son souffle, toujours gémissant et crispé, toujours au bord de la catastrophe ; il hocha la tête avec douceur, rassembla ses forces pour dire que oui, ça l'arrangerait bien de faire une minuscule pause, ou alors qu'il le baise tout de suite. Tout de suite, parce qu'il ne pouvait plus attendre. Il s'apprêtait à dire tout ça, quand il sentit les doigts de Nathan se refermer sur son téton, et dû se mordre la lèvre pour ne pas se remettre à gémir.

Mais... IL SE FOUT DE MA GUEULE, MA PAROLE !

Wallace entendit son compagnon ajouter quelque chose : il avait envie d'enlever son t-shirt. Il en avait envie, lui aussi, mais d'abord il avait vraiment, vraiment besoin de cette pause.

Sa main caressa doucement doucement la joue de Nathan, l'attira à lui pour l'embrasser avec douceur. Il était heureux de toutes les précautions que prenait le sorcier pour faire en sorte que tout se passe au mieux, même si lui-même n'avait pas toujours le temps de confirmer ou d'infirmer ses demandes. Enfin, il parvint à articuler en souriant :

"Ça me va... mais, s'il te plaît, est-ce qu'on pourrait... prendre deux secondes de pause ? Je sais pas si tu te rends compte, mais... j'ai peur de ne pas tenir si on continue comme ça."

Il y avait dans les yeux du mutant quelque chose de suppliant, qui voulait désespérément que l'état dans lequel il se trouvait continue le plus longtemps possible.

"Je suis désolé", ajouta-t-il très vite. "Je sais que je dois avoir un peu l'air con vu ce que j'ai dit y'a deux minutes avec le cadenas et tout mais vu que c'est ma première fois je suis pas habitué et j'ai trop envie de enfin tu vois..."

Wallace s'arrêta une seconde, le visage plus chaud encore qu'auparavant.

"... J'ai trop envie de toi."
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Nathan Clair

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Sam 7 Mar - 23:14


Le cou de Wallace était doux et chaud et délicieusement parfumé. Les lèvres de Nathan frôlaient à peine la peau blanche de sa gorge. Sous ses doigts, sa poitrine était bouillante, secouée par une respiration saccadée. Il pouvait sentir son cœur battre contre sa paume à un rythme frénétique. C'était une sensation merveilleuse.
Il savourait l'instant, paupières entrouvertes, en faisant bien attention à ne pas souffler d'air dans l'oreille du mutant. Les choses, il le savait, n'allaient pas tarder à se précipiter – de la meilleure des manières possibles – et il voulait goûter à ces dernières secondes avant que tout ne bascule : leur relation, leurs corps... sa vie, peut-être.

Mais déjà les idées se bousculaient dans sa tête, toutes plus alléchantes les unes que les autres, toutes capables de causer une combustion spontanée chez n'importe quel pasteur d'au moins trente églises différentes, probablement. La pression de l’érection de Wallace contre la sienne, et la sensation de ses mains contre la peau nue de son dos, n'arrangeaient pas les choses. Il sourit.

Je vais le sucer lentement, bien titiller le bout avant de le prendre tout au fond. Non, non, attends, c'est sa première fois, ça risque pas de le gêner ? En plus, j'avoue, ça fait un certain temps, si je m’étouffe dessus c'est quand même moyennement classe. Je vais plutôt le toucher, oui, je vais faire ça tellement bien qu'il va en oublier son nom. Ah, et puis en même temps je pourrais faire le truc avec mes doigts, là dessous, oui, ça marche toujours du tonnerre ce truc.

Quand les lèvres de Wallace se collèrent à nouveau aux siennes, il put se sentir frissonner d'anticipation de la tête aux pieds. Enfin, surtout dans la région du milieu. Son entrejambe lui signifiait avec insistance qu'il était prêt à l'action. Un peu trop prêt, même.

Mon dieu, après il va me toucher aussi, putain. Ou en même temps.

Il respira, fort, sa bouche toujours contre celle du mutant, ses genoux de moins en moins surs de pouvoir soutenir son poids.

Je vais sentir ses mains autour de moi, après tout ce temps... Elles vont être chaudes, fermes, et il va me regarder, il va me regarder avec ses yeux gris pendant qu'il me fait jouir, il va me regarder me vider et...

Et soudain, sa bouche n'était plus contre la sienne. Il lui fallut un instant pour comprendre ce qu'il se passait et s'arracher à sa rêverie.

"Ça me va... mais, s'il te plaît, est-ce qu'on pourrait... prendre deux secondes de pause ? » lui disait Wallace «  Je sais pas si tu te rends compte, mais... j'ai peur de ne pas tenir si on continue comme ça."

Nathan cligna des yeux, confus. Son visage bouillait, ses cheveux étaient légèrement ébouriffés, et il avait clairement pu sentir une pointe d'humidité perler au bout de sa bite il y avait quelques secondes. Wallace s'arrêta une seconde, le temps pour Nathan d'admirer ses joues rouges, ses lèvres humides, ses yeux brillants et noirs, envahis par ses pupilles dilatées.

« Je suis désolé", ajouta le mutant "Je sais que je dois avoir un peu l'air con vu ce que j'ai dit y'a deux minutes avec le cadenas et tout mais vu que c'est ma première fois je suis pas habitué et j'ai trop envie de enfin tu vois... J'ai trop envie de toi."

Nathan cligna encore des yeux. Il devait avoir l'air débile, décoiffé et à bout de souffle alors que le mutant lui, était glorieux.
Il rit doucement et avala sa salive. Il se passa rapidement une main dans les cheveux, dégageant son front. Il était rouge et se sentait un peu con. Mais il souriait. Son cerveau était bourré des bonnes hormones, celles qui lui faisaient tourner la tête. Une pause ? A bien y réfléchir, il en avait vraiment besoin.

« Ouais, Wallace, je crois que c'est une bonne idée. » rit-il doucement en s'écartant.

Il prit la main du mutant dans la sienne. Prendre une pause, il était plus que d'accord, mais perdre complètement le contact avec sa peau, il n'en avait vraiment pas envie. Il porta délicatement les doigts de Wallace à sa bouche et embrassa son index.

« Je crois que tu me surestimes si tu crois que j'aurais tenu une minute de plus dans ces conditions.  Et avant que tu puisses en rajouter sur ça, laisse moi dire que t'as pas l'air con du tout. C'est normal. Moi aussi, je veux que ça dure. »

Il haussa les sourcils, un peu gêné.

« Enfin, même si ça n'en avait pas l'air, je suppose. Merci de m'avoir arrêté, la dernière chose dont j'ai envie c'est que tu sois débordé. Même si j'ai envie que tu...enfin tu vois, mais pas comme ça. Bref, ne t'excuses pas, t'es pas con... »

Il posa un baiser sur le poignet du mutant.

« … tu es magnifique, Wallace.  Moi aussi, j'ai envie de toi. Tu m’excites.»
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Sam 11 Avr - 18:32

Si Wallace avait pu devenir plus rouge qu'il ne l'était déjà, il l'aurait fait. Merde, même s'il le sentait bien depuis tout à l'heure, c'était la première fois qu'on lui disait. Il excitait quelqu'un. Et pas n'importe qui, s'il vous plaît ! Au-delà des titres ronflants de "Futur Sorcier Suprême" et "Mec avec le plus beau cul qu'il ait jamais contemplé", il s'agissait surtout de l'homme qu'il aimait.

"Continue comme ça, et dans trente secondes je glousse comme une midinette", plaisanta-t-il en souriant.

C'était vrai et même pire. Le mutant s'attendait, d'une seconde à l'autre, à une intrusion massive de ses pouvoirs dans la sphère du réel. Quelque chose de bien, quelque chose de grand, quelque chose comme un gigantesque panneau lumineux clignotant marqué "Blushing boy-toy" au-dessus de son crâne en ébullition. Mais pour l'instant, rien.
Il posa donc doucement son front contre celui de Nathan, passa la main dans ses cheveux. Pour la première fois depuis le début de son adolescence, il se sentait bien, vraiment bien. Ses lèvres déposèrent quelques baisers légers sur les pommettes, les joues et le nez du sorcier, avant de finir sur sa bouche. Dieu, Vishantis comme dirait Nathan, que c'était bon ! Il glissa vers son cou, qui sentait encore la pluie et son odeur toute particulière d'encens et de cuir, de patchouli et de poussière de bibliothèque, de forêt de pins et de tranches de vieux livres. Pour Wallace, c'était le parfum du bonheur.
La pause dura de longues minutes où ils restèrent entrelacés, se caressant et s'embrassant dans un silence quasi-religieux, entrecoupé seulement du bruit de leur respiration et, parfois, d'un gémissement étouffé. Le mutant prenait de plus en plus plaisir à toucher chaque recoin de la peau de son partenaire, à la sentir sous ses doigts, à l'effleurer avec sa bouche ou simplement à enfouir son visage au creux du cou du sorcier, en espérant pouvoir le refaire autant de fois qu'il le voudrait.
En revanche, une chose le gênait de plus en plus : ces putains de vêtements. Impossible de sentir correctement son torse, ses épaules ou ses fesses au travers de tout ce tissu. Wallace inspira profondément et pinça les lèvres avant de sourire et d'embrasser une nouvelle fois Nathan.

"Tu sais quoi, Nat'...? Je crois que je suis prêt, maintenant. Et j'en ai marre de tous ce tissu à la con."

Sa voix tremblait légèrement, mais il était heureux. Ils allaient enfin pouvoir finir ce qu'ils avaient commencé et... oh, ça allait être bon. Et il en avait assez d'attendre.
Il y eut un claquement de doigts capable de faire plier l'univers, et une fumée dense, illusoire, enveloppa le mutant. Les volutes tourbillonnèrent avec largesse au sein de la bibliothèque pendant quelques instants, puis disparurent. Assis sur la table en acajou se tenait Wallace, les jambes toujours refermées autour de la taille de Nathan. Il n'avait pas bougé, pas changé. Il lui manquait juste ses vêtements.

Heureusement que je n'y tenais pas, à ceux-là.

Malgré tout ses efforts, Wallace était atrocement gêné, et nu plus que dans un sens. Il fallait qu'il parvienne à le dissimuler, ce qu'il espérait parvenir à faire, et dans le même temps, il était heureux de pouvoir être vu. Contemplé, peut-être ? Après tout, il contemplait bien Nathan et il était encore habillé, lui.
Le mutant se demandait tout de même ce que Nathan pensait de son corps, peut-être un peu trop sec à son goût. Si le regard du sorcier se promenait de haut en bas, il pourrait apercevoir des épaules un peu moins large que les siennes au-dessous d'un visage qui faisait tout son possible pour ne pas rougir, suivis d'un torse et un ventre aux muscles fins, et encore en dessous...

Merde. Je ne connaît pas ses goûts en matière de bite.

Il n'avait plus qu'à espérer ne pas dépasser les quotas dans un sens ou un autre. Les seules références qu'il ait jamais pu avoir sortaient de recoins sombres de l'Internet, et Wallace les savait exagérément trompeuses. D'un autre côté, il était curieux. Depuis le début de leur petit "entretien", il avait jeté quelques coups d’œil furtifs en direction de l'entrejambe de Nathan, il avait senti son érection contre la sienne, mais il n'avait aucune idée de la taille exacte de ce qu'il comptait bien prendre en main, ou en bouche, avant la fin de la journée. Et il espérait ne pas être trop ridicule en comparaison.
Toujours collé contre lui, Wallace entreprit de l'embrasser encore, plus fort qu'auparavant, comme pour signifier de nouveau que la pause touchait doucement à sa fin. Il s'interrompait régulièrement pour lui caresser la bouche et le visage, tandis que l'autre paume était occupée plus bas, débarrassée de toute la gêne qu'il ait jamais pu avoir à lui toucher le cul.
En passant la main gauche sur la nuque de Nathan pour l'attirer plus près, il ne put se retenir de poser la question, pas tant parce qu'il avait vraiment besoin de savoir que pour le plaisir d'entendre le sorcier lui susurrer sa réponse à l'oreille :

"Ça te plaît ? De... me voir comme ça ?"
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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Mar 14 Avr - 13:16

Les instants qui suivirent se déroulèrent dans un flou merveilleux, où les lèvres de Wallace papillonnaient sur ses joues, ses lèvres, son front, leurs corps se frôlaient, et sa peau nue frissonnait à chaque contact. Sous ses lèvres, les surfaces douces se succédaient, creux du cou, clavicule, coin de la bouche. Quand il fermait les yeux, il pouvait sentir des sensations émerger doucement un peu partout, et il se sentait comme une toile en train d’être peinte. Chaque baiser, chaque toucher était un trait de pinceau qui révélait un détail de son corps. Sa peau se réveillait sous les mains du mutant. Il l'effleurait, et c'était comme un contour qui s'adoucissait, il serrait ses doigts, et c'était un trait de couleur vive en travers de son esprit.
C'était vraiment tout ce qu'il avait espéré.

« Tu sais quoi, Nat'...? »

La voix de Wallace résonna dans son crane. Il produisit un petit son interrogateur, ses doigts appréciant toujours la douceur des cheveux courts du mutant a la base de son crane.

« Je crois que je suis prêt, maintenant. » poursuivit le mutant « Et j'en ai marre de tous ce tissu à la con. »

Nathan se mordit la lèvre. Fort. La bouche de Wallace était pincée en un petit sourire. Timide? Mutin? Il ne savait pas. Ses mots lui avaient fait un effet tel qu'il avait le regard trouble.
Alors il le sentit. De puissantes vagues de pouvoir roulèrent sur sa peau, en grosses lames électrifiantes qui firent dresser les cheveux sur sa nuque. Une vibration sourde résonna dans ses os, tandis qu'il voyait de larges volutes d'une fumée noire et dense s'élever autour de lui. La fumée n'avait pas d'odeur et une consistance étrange, opaque, sans reflet. De toutes petites étincelles craquèrent là où ses doigts touchaient la peau du mutant. Nathan cligna des paupières, sa vision obstruée par la fumée qui ne brûlait pas ses yeux.
Elle se dissipa brusquement, et le sorcier sentit sa bouche s’assécher.

Wallace était nu. Complètement, entièrement nu, sa peau blanche tranchant merveilleusement avec le bois sombre de la table. Les yeux de Nathan s'agitèrent, ne sachant pas par où commencer. Chaque parcelle de peau sur laquelle il posait le regard lui donnait envie de crier. Un petit balbutiement de surprise et de révérence échappa de ses lèvres.
Il était merveilleux, ses muscles fins roulant sous sa peau claire, les tendons saillant de son cou tandis qu'il déglutissait, ses cheveux en désordre tombant par moments sur ses yeux gris et brillants.
Il posa une main un peu tremblante sur la cuisse du mutant qui pressait contre sa hanche. Il y avait un fin tracé de poils sombres sous son nombril, qu'il suivit avidement du regard, admirant les vallonnements doux de son abdomen et la façon sublime dont sa crête iliaque ressortait sèchement, traçant une ligne acérée vers son...
Il déglutit.

Ah oui, ok, d'accord. Quand même.

Tout ce qui lui venait à la tête, c'était des répliques pourries de films de boule de quand il avait 15 ans. Il avait bien fait de ne pas considérer l'option anal pour cette fois : il allait lui falloir de la préparation avant d'envisager de prendre ça en lui.
A cette idée, son érection se contracta furieusement. Il ne fut pas surpris de se rendre compte qu'il salivait. Le garçon le plus étrange et le plus admirable qu'il ait jamais rencontré avait ses jambes autour de sa taille et son corps, cette putain d’œuvre d'art, il l'offrait à ses mains et à sa bouche.

J'ai quatorze ans et je suis dans mon lit en train de rêver, c'est ça ?

Et soudain Wallace était contre lui, très réel, sa bouche ouverte contre la sienne en un baiser tout sauf timide, une main contre ses fesses, l'autre sur son menton, prête à caresser ses lèvres dés que les siennes s'en séparaient. 

« Ça te plaît ? » souffla-t-il dans son oreille d'une voix un peu raque « De me voir comme ça ? ».

Putain de merde.

Son sang ne fit qu'un tour. Il saisit la hanche de Wallace et allongea le mutant sur la table, pesant de tout son poids sur sa poitrine et écrasant ses lèvres contre les siennes. Il laissa glisser sa main autour de la hanche du mutant, referma ses doigts sur son cul. La pause était finie.

« Putain, oui. » haleta-t-il contre ses lèvres « Oui, j'aime ça. »

Il étouffa le gémissement de Wallace dans sa bouche en l'embrassant avec force. Il goûta à sa langue et à la douceur de sa peau jusqu’à manquer de souffle. Quand il s'interrompit pour reprendre sa respiration, il déglutit et souffla entre une inspiration et l'autre :

« Tu es putain de sexy, Wallace. C'est presque effrayant. J'ai tellement envie de toi. »

Il posa un baiser humide sur sa gorge. Sa main droite lui tenait le haut de la tête, enfouie dans ses cheveux, et il tira doucement pour que le mutant tende son cou vers sa bouche. Il lécha et suça doucement, vibrant d'une joie sauvage à chaque soupir qu'il sentait vibrer contre sa langue. Son autre main avait lâché ses fesses et se dirigeait lentement vers son nombril, s’arrêtant souvent pour masser et palper avidement toute parcelle de peau à portée. Sur son ventre, ses doigts apprécièrent la façon dont ses muscles se contractaient par secousses et sa peau se couvrait d'un fin voile de transpiration. Il se retenait de toutes de forces pour ne pas juste le prendre dans sa main et le branler jusqu'à ce qu’il hurle. Il avait repris à rouler des hanches, mais cette fois son jeans le serrait tellement qu'il en avait mal.

Il se redressa assez pour pouvoir rejoindre sa braguette. Frénétiquement, il déboutonna le pantalon, le baissa juste assez pour libérer son érection. Le soulagement fut tel qu'il lui soutira un gémissement. Il avait gardé le regard fixé sur les yeux de Wallace pendant qu'il défaisait la fermeture, et son visage était la chose la plus excitante de la situation, plus que son corps étendu sous lui, plus que sa poitrine blanche et sa gorge exposée, plus même que sa bite désespérément dure reposant admirablement sur son ventre. Il avait l'air tellement excité, les pupilles dilatées, les paupières mi-closes, la bouche entrouverte et la poitrine soulevée par une respiration tendue. Et c'était lui qu'il regardait, lui et son érection dont il caressa distraitement la longueur. Il avait rarement vu quelque chose d'aussi érotique. Il était conscient du fait que son visage à lui devait exprimer quelque chose d'assez semblable, et il baissa les yeux. Un grand frisson courut le long de sa colonne vertébrale, presque identique à celui qu'il ressentait face à un événement mystique. Sa main gauche se referma sur la hanche de Wallace, tandis que l'autre caressa l'intérieur de sa cuisse. Il entreprit de remonter doucement, formant de petits cercles avec son pouce, massant le muscle tendu sous sa main. Wallace tremblait. Quand il arriva entre les jambes du mutant, Nathan arracha son regard de la bite sur lequel il était resté fixé.

« Je... peux te toucher ? » s'assura-t-il.
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Wallace Plumtree

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MessageSujet: Re: Discussion à la bibliothèque   Dim 10 Mai - 21:40

Lentement, comme dans un brouillard, Wallace se sentit l’embrasser profondément. En le faisant, ses ongles raclèrent le cuir chevelu du sorcier pour le forcer à rester là, leurs bouches entrouvertes pressées l’une contre l’autre. Une longue seconde s’écoula avant qu’il ne le lâche, ses doigts caressants à présent là où il supposait avoir été un peu trop brutal et que, en le regardant dans les yeux, il ne fasse glisser la main de Nathan jusque sur son érection.

C’est une réponse plus qu’acceptable, murmura le Nega-Wallace du fin fond son esprit, juste assez fort pour qu’il l’entende.

Wallace n’en pouvait plus d’attendre. Il avait besoin qu’il le touche, qu’il l’entende gémir et gueuler, qu’il le sente se contracter désespérément entre ses doigts. Qu’il le voit jouir.
Les pensées du mutant commencèrent à s’obscurcir quand Nathan commença à bouger, remplacées par de lentes vagues de plaisir à chacun des mouvements de sa main. Il ne savait pas combien de temps ce moment allait durer avant qu'il ne puisse plus se retenir, et il s'en foutait. Il voulait juste qu'il dure encore un peu.
Et durer, la situation était bien partie pour. Chacun des gestes de Nathan semblait fait, calculé, pour le maintenir juste au bord de ce moment où tout basculerait, où il se répandrait enfin avec un gémissement obscène sur ses mains. Il le touchait avec douceur, par petits à-coups qui tiraient à Wallace des suppliques intérieures incompatibles avec toute possibilité de garder une seule trace de dignité, pour toujours.
Lorsqu’il approchait de la délivrance, et cet instant reviendrait de nombreuses fois, son compagnon ralentissait encore, laissant seulement échapper de Wallace une petite goutte claire et un halètement bref, à demi étouffé par la main que le mutant s’était volontairement plaqué contre la bouche.
A chacun de ces allers-retours, le mutant se prit à vouloir rester dans cet état suspendu. A se faire branler par l’homme qu’il aimait dans une librairie silencieuse pour le restant de ses jours, à jongler entre l’espoir de jouir bientôt et la délicieuse agonie qu’il en retirait.
Il avait recommencé à l’embrasser, plus fort encore qu’avant, le visage rouge et la respiration saccadée, tout son corps tendu dans un effort contraire tandis que Nathan semblait prendre un plaisir égal à le voir se tordre sur la table, ses doigts glissant sur le petit fil de peau qui reliait ensemble son gland et son prépuce.
Il ne voulait pas que ça s’arrête.
Mais, si c’était possible, une pensée l’excitait encore plus que tout ce qui était en train de lui arriver.
Une fois que ça se serait arrêté, ce serait son tour.
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